mercredi 28 décembre 2016

Des Courtisanes


Partie 6


Cette Sixième Partie, sur les Courtisanes, a été rédigée par
Vatsyayana d’après un traité sur la matière, écrit par Dattaka
pour les femmes de Pataliputra (la moderne Patna), il y a environ
deux mille ans. Il ne paraît pas que l’ouvrage de Dattaka
existe encore ; mais l’abrégé de Vatsyayana est très
remarquable.

On a beaucoup écrit au sujet de la courtisane : nulle part cependant
on n’en saurait trouver un portrait plus fidèle, ni une
description plus vraie de ses débuts, de ses idées, du travail de
son esprit, que dans les pages suivantes.

Des détails de la vie domestique et sociale des anciens Hindous
ne seraient pas complets si l’on passait sous silence la
courtisane : aussi la Sixième Partie est-elle entièrement consacrée
à ce sujet. Les Hindous ont toujours eu le bon sens de reconnaître
les courtisanes comme un élément de la société humaine,
et aussi longtemps qu’elles se sont conduites avec décence
et modestie, elles ont été entourées d’une sorte de respect.

Elles n’ont jamais, en tout cas, été traitées en Orient avec
cette brutalité et ce mépris si communs dans notre Occident ;
et leur éducation a toujours été supérieure à celle des autres
femmes dans les contrées orientales.

Si l’on remonte aux époques les plus reculées, la jeune danseuse
et la courtisane hindoue bien élevée ressemblaient à
l’hétaïre des Grecs ; instruites et aimables, elles faisaient des
compagnes de beaucoup préférables à la généralité des
femmes mariées ou non mariées. De tout temps et dans tous
les pays, les femmes chastes et celles qui ne le sont pas ont
toujours eu ensemble une certaine rivalité. Mais s’il y a des
femmes qui sont nées courtisanes, et qui suivent les instincts
de leur nature dans toutes les classes de la société, il est incontestable,
comme l’ont dit plusieurs auteurs, que chaque femme
a dans sa nature une tendance pour la profession, et qu’en
règle générale elle fait de son mieux pour plaire au sexe mâle.

La subtilité des femmes, leur étonnant pouvoir de perception,
leur connaissance et leur appréciation intuitive des
hommes et des choses, tout cela est exposé dans les pages suivantes,
qu’on peut considérer comme l’essence concentrée ce
qui a été produit en détail par une foule d’écrivains, sur tous
les points du globe.

 Bientôt


Chapitre 1
Pourquoi une courtisane s’adresse aux
hommes ; des moyens de s’attacher l’homme
désiré, et de l’espèce d’homme qu’il est désirable
de s’attacher.