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lundi 9 janvier 2017

LE BATELEUR (Arcane 1)


Le terme « BATELEUR désigne un comédien, un illusionniste ou, en péjoratif, un charlatan. L’arcane majeur le Bateleur, du Tarot, fait partie de la famille des personnalités. 

Le Bateleur en est une figure plutôt introvertie et sensible. Il est l’artiste de la famille. 

Un artiste se plait à séduire un public en exhibant son talent. 

Il suscite, de la sorte, des émotions et des rêves.


Le chiffre « 1 » est principe de toute chose, non manifesté encore. « 1 » indique la présence du nécessaire, d’un potentiel, pour s’émanciper. 

Mais le « 1 » a besoin de se confronter au monde extérieur, à ses diverses et multiples stimulations générant autant le désir que le doute et l’angoisse.
 
Le chiffre « 1 » est encore neutre sur le plan vibratoire. 

Il représente ainsi l’innocence, la jeunesse (physique ou d’esprit ; cet arcane peut représenter les enfants), la naïveté et l’égocentrisme…


Le personnage porte un chapeau en forme de lemniscate. 

Les bords du chapeau sont repliés vers le haut, ce qui forme une sorte de cuvette, de récipient. 

Mon interprétation sur ces aspects : le personnage est actif sur le plan matériel, il essaye probablement de gagner de l’argent ; il se rend réceptif au hasard, à la Providence, il sait s’adapter aux événements et il est capable de réfléchir. 

Ce chapeau en forme de lemniscate a attiré l’attention des occultistes, et très vite on le considéra comme une figuration du symbole de l’infini. 

(Nous y reviendrons en détail un plus loin).


De la main gauche (sensible et intuitive), il tient un bâton…

Est-ce une baguette magique ?






mardi 3 janvier 2017

Partie 7 Des moyens de s’attacher les autres

Chapitre 1

De la parure personnelle ; de la séduction


des coeurs ; et des médecines toniques.

 


Lorsqu’une personne ne réussit pas à obtenir l’objet de ses désirs
par l’un quelconque des moyens indiqués plus haut, elle doit
alors recourir à d’autres moyens de s’attacher les autres.

Or une bonne mine, de bonnes qualités, de la jeunesse et de
la libéralité sont les moyens principaux et les plus naturels de
se rendre agréable aux yeux des autres. Mais, en leur absence,
un homme ou une femme aura recours à des moyens artificiels,
ou à l’art ; et voici, en conséquence, quelques recettes qu’on
pourra trouver utiles :

Un onguent, composé de tabemamontana coronaria, de
costus speciosus ou arabicus, et de flacourtia cataphracta, sera
employé comme onguent de parure.

Faites, avec les plantes ci-dessus, une poudre fine que
vous appliquerez sur la mèche d’une lampe où l’on brûle de
l’huile de vitriol bleu : le pigment noir ou noir de lampe qui en
résultera, appliqué sur les cils, a la vertu de faire paraître
aimable.

L’huile de hogweed, échite putescens, la plante sarina,
l’amarante jaune et la feuille de nymphéa, appliquées sur le
corps, ont la même vertu.
Un pigment noir provenant des mêmes plantes a un effet
semblable.

En mangeant de la poudre de nelumbrium speciosum, du
lotus bleu, et du mesma roxburghii, avec du beurre clarifié et
du miel, un homme devient aimable aux yeux des autres.
Les substances ci.-dessus, mêlées à la tabemamontana coronaria
et au xanthochymus pictorius, et réduites en onguent,
produisent les mêmes résultats.

Un os de paon ou d’hyène, couvert d’or et attaché sur la
main droite, rend un homme aimable aux yeux des autres.
De même, en s’attachant à la main un chapelet fait de
grains de jujube ou de coquillages, et enchanté par les incantations
mentionnées au Véda Atharvana ou par les incantations
de personnes versées dans la science magique, on obtiendra
les mêmes résultats que ci-dessus.

Lorsqu’une servante arrive à l’âge de puberté, son maître
doit la tenir à part ; et lorsque, par suite de sa réclusion et de
la difficulté de l’approcher, les hommes la désireront avec plus
d’ardeur, il donnera sa main à celui qui lui assurera richesse et
bonheur.

Cela est un moyen d’augmenter aux yeux des autres l’amabilité
d’une personne.
De même, lorsque la fille d’une courtisane arrive à l’âge de
puberté, la mère assemblera un certain nombre de jeunes gens
de même âge, disposition et savoir que sa fille, et leur dira
qu’elle est prête à la donner en mariage à qui lui fera des présents
de telle ou telle espèce.
Ensuite, la fille sera tenue aussi recluse que possible, et la
mère la donnera en mariage à l’homme qui pourra être prêt à
faire les présents convenus. Si la mère ne peut tout obtenir de
l’homme, elle produira quelque objet à elle appartenant comme
donné à sa fille par le fiancé.

Ou encore, la mère pourra permettre à sa fille d’épouser
l’homme privément, comme si elle ignorait toute l’affaire, et
alors, faisant semblant d’apprendre ce qui s’est passé, elle donnera
son consentement à l’union.

La fille, aussi, se rendra aimable aux yeux des fils de citoyens
riches, inconnus de sa mère, et, afin de se les attacher, les rencontrera
aux heures des leçons de chant, dans les endroits où
se fera de la musique, dans des maisons étrangères ; et alors
elle priera sa mère, par l’entremise d’une amie ou d’une servante,
de lui permettre de s’unir à celui qui lui plaira le plus.

Lorsque la fille d’une courtisane est ainsi donnée à un
homme, elle devra observer les obligations du mariage pendant
une année, après quoi elle pourra faire ce qu’elle voudra. Mais,
même cette année expirée, si son premier mari l’invite de
temps en temps à venir le voir, elle renoncera au gain du moment
et ira passer la nuit avec lui.

Tel est le mode de mariage temporaire usité chez les courtisanes,
et la manière d’accroître leur amabilité. Ce qui en a été
dit peut aussi bien s’entendre des filles de danseuses, que
leurs mères donneront seulement à des hommes capables de
leur être utiles de diverses façons.
Ainsi finissent les moyens de se rendre aimable aux yeux des
autres.

Si un homme, après avoir frotté son Lingam avec un mélange
de poudres de pomme épineuse, de poivre long, de
poivre noir et de miel, a un commerce sexuel avec une femme,
il la soumet entièrement à sa volonté.
L’application d’un mélange de feuilles de la plante vatodbhranta,
de fleurs jetées sur un cadavre humain au moment
où on va le brûler, et de poudre d’os de paon ou de l’oiseau jiwanjiva,
produit le même effet.

Les restes d’un milan mort de mort naturelle, réduits en
poudre et mêlés avec du cowach et du miel, ont aussi le même
effet.
En se frottant avec un onguent fait de la plante emblica
myrabolans, on acquiert le pouvoir le soumettre les femmes à
sa volonté.
Coupez en menus morceaux les pousses de la plante
vajnasunhi, plongez-les dans un mélange d’arsenic rouge et de
soufre, et faites-les sécher sept fois : en appliquant sur votre
Lingam cette foudre mêlée avec du miel, vous soumettrez une
femme à votre volonté dès que vous l’aurez possédée. Ou bien
brûlez ces mêmes pousses la nuit, et si, en regardant la fumée,
vous voyez derrière une lune d’or, vous êtes sûr de réussir
avec n’importe quelle femme. Ou bien encore, mêlez de cette
poudre avec les excréments d’un singe, et jetez-la sur une
jeune fille vierge : elle ne sera donnée en mariage à personne
autre que vous.

Accommodez des morceaux d’arris-root avec de l’huile de
manque, et laissez-les pendant six mois au fond d’un trou pratiqué
dans le tronc de l’arbre sisu ; retirez-les ensuite et faitesen
un onguent que vous vous appliquerez sur le Lingam : c’est,
dit-on, un moyen de subjuguer les femmes.
Plongez l’os d’un chameau dans le suc de la plante eclipta
prostata, puis brûlez-le et mettez le piment noir produit par les
cendres dans une boîte faite aussi de l’os d’un chameau ; si

vous vous l’appliquez avec de l’antimoine sur les cils, au moyen
d’un pinceau fait aussi de l’os d’un chameau, ce pigment passe
pour être très pur, sain pour les yeux, et a la vertu de soumettre
les autres à celui qui en fait usage.
Un pigment noir fait d’os de faucons, vautours et paons, peut
produire le même effet.
Ainsi finissent les moyens de soumettre les autres à sa
volonté.

Maintenant, voici les moyens d’accroître la vigueur sexuelle :

Un homme acquiert de la vigueur sexuelle en buvant du
lait mêlé avec du sucre, de la racine de la plante uchchata, du
poivre chaba et de la réglisse.
Du lait sucré, où l’on a fait bouillir un testicule de bélier ou
de bouc, produit aussi de la vigueur.
Même effet produit par le suc du hedysarum gangeticum,
du kuili et du kshirika mêlé avec du lait.
La graine de poivre long, celle du sanseviera roxburghiana
et du hedysarum gangeticum, le tout moulu ensemble et mêlé
avec du lait, produisent un résultat semblable.
Suivant d’anciens auteurs, si un homme moud des graines
ou des racines de trapa bispinosa, de kasurika, de jasmin toscan
et de réglisse, avec du kshirakapoli (sorte d’oignon), et met
la poudre dans du lait mêlé de sucre et de ghee (beurre sacrifié)
; Puis, après avoir fait bouillir tout ce mélange sur un feu
modéré, boit le sirop ainsi formé, il sera en mesure de jouir
d’une quantité innombrable de femmes.

De même, si un homme mêle du riz avec des oeufs de moineau,
puis, après avoir fait bouillir dans du lait, y ajoute du
ghee et du miel et en boit autant qu’il est nécessaire, il obtiendra
le même résultat.
Si un homme prend des écorces de graines de sésame et
les trempe dans des oeufs de moineau, puis, après les avoir fait
bouillir dans du lait mêlé de sucre et de ghee, avec des fruits
de trapa bispinosa et de kasurika, et y avoir ajouté de la farine
de froment et de fèves, boit cette composition, il aura, dit-on, le
pouvoir de jouir d’une infinité de femmes.
h. Mêlez ensemble du ghee, du sucre et de la réglisse en
égales quantités, puis du suc de fenouil et du lait : cette
composition nectaréenne est réputée sainte, précieuse pour la
vigueur sexuelle, préservatrice de la vie et agréable au goût.
i. Buvez un sirop composé d’asparagus racemosus, des
plantes shvadaushtra et juduchi, de poivre long et de réglisse,
bouilli avec du lait, du miel et du ghee, au printemps : cela
produit, dit-on, le même effet que ci-dessus.

j. Faites bouillir dans de l’eau de l’asparagus racemosus et
de la plante shvadaushtra, avec des fruits écrasés de premna
spinosa, et buvez cette composition : elle a, dit on, la même
vertu.
k. Buvez du ghee bouilli, ou beurre clarifié, le matin pendant
la saison du printemps : cela passe pour être sain, fortifiant et
agréable au goût.
l. Mêlez ensemble, par parties égales, de la graine de shvadaushtra
et des fleurs d’orge, et, chaque matin en vous levant,
mangez en un peu, du poids de deux palas environ : cette recette
a le même effet que la précédente.

Il y a aussi, sur ce sujet, des versets dont voici le texte :
« Les moyens de produire l’amour et la vigueur sexuelle sont
enseignés par la science médicale, par les Védas, par les personnes
qui sont initiées aux arts magiques, et par des parents
ou amis intimes. On ne doit essayer d’aucun moyen d’un effet
douteux, capable de détériorer le corps, impliquant la mort
d’animaux et mettant en contact avec des choses impures. Les
seuls moyens à employer doivent être saints, efficaces, et approuvés
par les Brahmanes et les amis. »



 Bientôt

 


Chapitre 2
Des moyens d’exciter le désir. Expériences
et recettes diverses.

dimanche 25 décembre 2016

Des devoirs d’une entremetteuse.

Chapitre 4

Si une femme a manifesté son amour ou son désir par des
signes ou des mouvements de son corps, et qu’ensuite elle ne
se laisse plus loir que rarement ou pas du tout, ou s’il s’agit
d’une femme rencontrée pour la première fois, l’homme doit
employer une entremetteuse pour s’approcher d’elle.

Or l’entremetteuse, après s’être insinuée dans la confiance
de la femme en agissant suivant ses dispositions, essaiera de
lui faire haïr ou mépriser son mari en tenant avec elle d’artificieuses
conversations en lui parlant de médecines pour avoir
des enfants, en lui racontant les contes de diverses sortes sur
les voisins, des histoires sur les femmes des autres, et en célébrant
sa beauté, sa sagesse, sa générosité, son bon naturel.
Elle lui dira : "C’est en vérité bien dommage que vous, une
femme si excellente sous tous les rapports, soyez sous la domination
d’un tel mari. Belle dame, il n’est pas fait même pour
vous servir." L’entremetteuse parlera ensuite à la femme de la
faible passion de son mari, de sa jalousie, de sa coquinerie, de
son ingratitude, de son aversion pour les plaisirs, de sa sottise,
de sa mesquinerie, et de tous les autres défauts qu’il peut avoir
et qu’elle pourra bien connaître. Elle insistera particulièrement
sur tel défaut ou imperfection qui lui paraîtra devoir être plus
sensible à la femme. Si l’épouse est une femme-biche, et le mari
un homme-lièvre, il n’y a rien à dire ; mais s’il était un
homme-lièvre, et elle une femme-jument ou une femme-éléphant,
alors elle lui ferait sentir la disproportion.

Gonikaputra est d’avis que, dans le cas où la femme en est à
sa première intrigue, ou qu’elle n’a fait connaître son amour
qu’avec toutes sortes de réticences, l’homme doit alors se procurer
et lui envoyer une entremetteuse qui la connaisse déjà et
en qui elle fait confiance.

Mais revenons à notre sujet. L’entremetteuse parlera à la
femme du dévouement et de l’amour de l’homme, et lorsqu’elle
verra grandir sa confiance et son affection, elle lui dira alors ce
qu’elle devra faire, le la manière suivante : "Écoutez ceci, belle
dame ; voilà un homme, de bonne famille, qui vous a vue, et qui
en perd la tête. Le pauvre jeune homme, d’une nature si sensible
! il n’a jamais été aussi rudement éprouvé, et je crains
bien qu’il ne succombe à son affliction, qu’il ne finisse par en
mourir !" Si la femme prête à ces paroles oreille favorable,
alors, le jour suivant, l’entremetteuse, qui observé des signes
de bon augure sur son visage, dans ses yeux dans sa conversation,
lui Parera de nouveau de l’homme, et contera les histoires
d’Ahaffa et d’Indra, de Sacountala et hyanti, ou d’autres semblables
qui pourront s’adapter à l’occasion.

Elle lui vantera la force de l’homme, ses talents, son habileté
dans soixante-quatre sortes de plaisirs mentionnées par Babhravya,
bonne mine, et sa liaison avec quelque noble dame,
n’importe que ce dernier point soit vrai ou non.

De plus, l’entremetteuse notera avec soin la conduite de la
femme à son égard. Si elle lui est favorable, voici quels seront
ses procédés :

Elle l’accueillera d’un air souriant, s’assiéra tout près d’elle,
et lui demandera :

"Où avez-vous été ? Qu’avez-vous fait ?
avez-vous dîné?
avez-vous dormi ?
vous êtes-vous assise?"

Elle ira aussi trouver l’entremetteuse dans des endroits
solitaires ; là, elle lui contera des histoires, bâillera contemplativement,
poussera de longs soupirs, lui donnera des présents,
la fera ressouvenir de quelque joyeuse journée, et la renverra
en souhaitant de la revoir, et en lui disant d’un air enjoué :

"Oh ! jolie parleuse, pourquoi m’avez-vous dit ces méchantes
paroles ?" Puis elle observera que ce serait péché d’avoir commerce
avec cet homme ; et elle ne dira rien des rendez-vous ou
conversations qu’elle aura déjà pu avoir avec lui, mais désirera
qu’on l’interroge là-dessus, et enfin rira de la passion de
l’homme, mais sans lui en faire un crime.

Ainsi finit la conduite de la femme avec l’entremetteuse.
Lorsque la femme aura manifesté son amour comme il vient
d’être dit, l’entremetteuse l’attisera en lui apportant des gages
amoureux de la part de l’homme. Mais si la femme ne le
connaît pas bien personnellement, l’entremetteuse l’amènera à
ses fins en célébrant et en exaltant ses bonnes dualités, et en
lui contant des histoires de son amour pour elle.

Uddalaka dit à
ce propos que si un homme et une femme ne se connaissent
pas personnellement, et s’ils ne se sont pas montré l’un à
l’autre des signes d’affection, l’emploi d’une entremetteuse est
inutile.

Les disciples de Babhravya, d’un autre côté, affirment que
s’ils se sont montré l’un à l’autre des signes d’affection,
quoique ne se connaissant pas personnellement, il y a lieu
d’employer une entremetteuse. D’après Gonikaputra, cet emploi
est de saison pourvu qu’ils se connaissent, lors même qu’il
n’y aurait pas eu de signes d’affection.

Vatsyayana, lui, établit que même s’ils ne se connaissent pas
personnellement et ne se sont montré l’un à l’autre aucun
signe d’affection, tous les deux cependant peuvent donner leur
confiance à une entremetteuse.

Or l’entremetteuse fera voir à la femme les présents, tels que
noix de bétel et feuilles de bétel, parfums, fleurs et anneaux,
que l’homme pourra lui avoir donnés pour elle, et sur ces présents
seront imprimées les marques des dents et des ongles de
l’homme, avec d’autres signes.

Sur l’étoffe qu’il pourra lui envoyer, il dessinera avec du safran
ses jeux mains jointes ensemble, pour signifier son ardente
prière.

L’entremetteuse fera voir aussi à la femme des figures ornementales
de différentes sortes découpées dans des feuilles, ainsi
que des ornements d’oreilles et des chapelets de fleurs
contenant des lettres d’amour où sera exprimé le désir de
l’homme, et elle la déterminera à lui envoyer en retour des présents
affectueux. Une fois ces présents acceptés de part et
d’autre, l’entremetteuse, de sa propre initiative, arrangera
entre eux un rendez -vous.




Rencontres sérieuses par affinités








Les disciples de Babhravya disent que ce rendez-vous doit
avoir lieu à l’époque où l’on visite le temple une divinité, ou à
l’occasion de foires, parties de jardin, représentations théâtrales,
mariages, sacrifices, festivals et funérailles, ou encore
lorsqu’on va se baigner à la rivière, ou bien en temps de calamités
naturelles, d’incursions de brigands ou d’invasion du
pays par l’ennemi.

Gonikaputra est d’avis que ces rendez-vous doivent de préférence
le donner dans les demeures de femmes amies, de mendiants,
d’astrologues et d’ascètes. Mais Vatsyayana décide que
le seul lieu convenable à ce sujet est celui dont l’entrée et la
sortie sont faciles, où il a été pris des dispositions Pour éviter
tout accident, et où l’homme, ayant une fois pénétré dans la
maison, peut la quitter au moment voulu sans risquer une rencontre
fâcheuse.

Maintenant, voici quelles sont les différentes sortes d’entremetteuses
ou messagères :

Une entremetteuse qui prend sur elle le fardeau de l’affaire.

Une femme qui, après avoir observé la passion mutuelle d’un
homme et d’une femme, les met en rapport et mène l’intrigue
par la seule Puissance de son intellect, s’appelle une entremetteuse
qui prend sur elle tout le fardeau de l’affaire.
Cette espèce
d’entremetteuse est principalement employée lorsque
l’homme et la femme se connaissent déjà et ont déjà conversé
ensemble ; dans ce cas, elle n’est pas envoyée seulement par
l’homme (ce qui a toujours lieu dans tous les autres cas), mais
aussi par la femme. On donne aussi ce nom à une entremetteuse
qui, s’apercevant que tel homme et telle femme se
conviennent l’un à l’autre, essaie de les unir quoiqu’ils ne se
connaissent pas encore. Une entremetteuse qui exécute seulement
une partie limitée de l’affaire.

Une entremetteuse qui,
après s’être aperçue qu’une partie de l’affaire était déjà faite,
ou que l’homme a déjà risqué ses avances, se charge de parfaire
le reste, s’appelle une entremetteuse qui exécute seulement
une partie limitée de affaire. Une entremetteuse qui
porte simplement une lettre. Une entremetteuse qui porte simplement
des messages entre un homme et une femme qui
s’aiment, mais sans pouvoir se rencontrer souvent, s’appelle
une porteuse de lettre ou message.

On donne aussi ce nom à
celle qui est envoyée par l’un des amants, pour informer l’autre
de l’heure et du lieu d’un rendez-vous. Une entremetteuse qui
agit pour son propre compte. Une femme qui va trouver un
homme et lui dit qu’elle a goûté l’union sexuelle avec lui dans
un rêve ; qui lui exprime sa colère de ce que sa femme l’a querellé
pour l’avoir appelée le nom de sa rivale au lieu du sien
propre ; lui donne un objet quelconque portant les marques de
ses dents et de ses ongles ; lui déclare que depuis longtemps
elle savait être désirée de lui, et lui demande en particulier laquelle
a meilleure mine, de sa femme ou d’elle même :

une telle personne s’appelle une entremetteuse pour son propre
compte.

L’homme ne doit lui donner des rendez-vous et converser
avec elle qu’en particulier et secrètement. On donne aussi
ce nom à une femme qui, après avoir promis à une autre d’agir
pour elle, conquiert l’homme pour son propre compte en faisant
personnellement sa connaissance, et cause ainsi l’échec
de l’autre femme. De même à un homme qui s’affirmant
comme entremetteur pour un autre et ne connaissant pas la
femme auparavant, la conquiert pour lui et cause ainsi l’échec
de l’autre. L’entremetteuse d’une jeune femme innocente.

Une femme qui a gagné la confiance de l’innocente jeune femme
d’un homme et qui, possédant ses secrets sans avoir exercé aucune
pression sur son esprit, connaît d’après ses confidences la
manière dont son mari se comporte avec elle, pourra lui enseigner
l’art de se faire aimer de son mari, en la parant de manière
à exprimer son amour, et en lui apprenant comment et
quand se mettre en colère, ou en faire mine ; puis, après avoir
fait elle-même des marques d’ongles et de dents sur le corps
de la jeune femme, elle l’engagera à faire venir son mari pour
lui montrer ces marques et l’exciter ainsi à la jouissance :

une telle femme s’appelle l’entremetteuse d’une jeune femme innocente.

Dans ce cas, le mari répondra à sa femme par l’intermédiaire
de la même personne. Une femme mariée servant d’entremetteuse
à son mari. Lorsqu’un homme emploie sa propre
femme pour gagner la confiance d’une femme qu’il veut posséder,
et l’envoie chez elle pour lui vanter la sagesse et l’habileté
de son mari, on appelle la première une femme mariée qui sert
d’entremetteuse. Dans ce cas, la femme courtisée fera aussi
connaître à l’homme ses sentiments par l’intermédiaire de sa
propre femme. Une entremetteuse muette. Lorsqu’un homme
envoie une jeune fille ou une servante chez une femme sous un
prétexte ou sous un autre, et cache une lettre dans son bouquet
de fleurs, ou dans ses ornements d’oreilles, ou fait sur elle
quelque marque avec ses dents ou ses ongles, cette jeune fille
ou cette servante s’appelle une entremetteuse muette.

Dans ce
cas, l’homme doit attendre une réponse de la femme par l’intermédiaire
de la même personne. Une entremetteuse qui joue
le rôle du vent. Une personne qui porte à une femme un
message à double sens, au relatif à quelque fait passé, ou inintelligible
à d’autres, s’appelle une entremetteuse qui joue le
rôle du vent.

Dans ce cas, on doit demander une réponse par
l’intermédiaire de la même femme. Ainsi finissent les différentes
sortes d’entremetteuses. Une femme astrologue, une
servante, une mendiante ou une femme artiste sont bien au
courant du métier d’entremetteuse, et réussissent vite à gagner
la confiance des autres femmes.

Chacune d’elles peut à
volonté exciter l’inimitié entre deux personnes, ou exalter
l’amabilité de telle ou telle femme dont elle prend l’intérêt, ou
décrire les arts pratiqués par d’autres femmes dans l’union
sexuelle. Elles peuvent aussi parler en termes pompeux de
l’amour d’un homme, de son adresse dans les plaisirs sexuels,
de la passion que d’autres femmes, plus belles encore que celle
à qui elles s’adressent, ressentent pour lui, et expliquer les difficultés
qui peuvent le retenir dans sa maison.

Enfin, une entremetteuse,
par l’artifice de sa conversation, peut rapprocher
une femme d’un homme, lors même que la femme n’y aurait
pas songé, ou que l’homme l’aurait crue au-dessus de ses prétentions.
Elle peut aussi ramener à une femme un homme qui,
pour une cause ou une autre, s’en serait séparé.


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 Bientôt


Chapitre 5
De l’amour des personnes en charge pour
les épouses d’autrui.