dimanche 27 novembre 2016

Chapitre 2 De la conduite de la plus ancienne épouse envers les autres épouses de son mari, et de la plus jeune épouse envers les plus anciennes ; de la conduite d’une veuve vierge remariée ; d’une épouse rebutée par son mari ; des femmes dans le harem du roi .


 

Les causes de nouveau mariage pendant la vie d’une femme



sont les suivantes :


La folie ou le mauvais caractère de la femme.

Le dégoût que
son mari éprouve pour elle. Le défaut de postérité. La naissance
continuelle de filles. L’incontinence du mari.
Dès le début du mariage, une femme doit faire tous ses efforts
pour s’attacher le cœur de son mari, en se montrant toujours
dévouée, de bonne humeur et sage.

Si, toutefois, elle ne
procure pas d’enfants, elle doit conseiller elle-même à son mari
d’épouser une autre femme. Et lorsque la seconde femme est
épousée et installée à la maison, la première lui donnera une
position supérieure à la sienne propre, et la regardera comme
une sœur.

Le matin, la plus ancienne forcera la plus jeune à se
parer en présence de leur mari, et elle ne sera nullement jalouse
des attentions que le mari aura pour elle. Si la plus jeune
fait quelque chose qui déplaise au mari, la plus ancienne ne la
négligera pas, mais elle sera toujours prête à lui donner ses
meilleurs avis, et lui apprendra à faire différentes choses en
présence du mari. Elle traitera ses enfants comme les siens
propres ; aura plus d’égards pour ses servantes que pour les
siennes ; sera aimante et bonne pour ses amis, et honorera
grandement ses parents.

S’il y a plusieurs autres femmes en outre d’elle-même, la plus
ancienne épouse s’alliera avec celle qui vient immédiatement
après elle en rang et en age, et excitera la femme qui a récemment
joui des faveurs du mari à chercher querelle à la favorite
du jour.

Puis elle la plaindra, et après avoir réuni les autres
femmes, elle les engagera à dénoncer la favorite comme une
femme intrigante et méchante, mais sans toutefois se commettre
en rien. Si la favorite vient à se quereller avec le mari,
alors la plus ancienne épouse prendra son parti et lui donnera
de faux encouragements, de façon à envenimer la querelle.

Si la querelle n’est que très légère, elle fera en sorte de l’aggraver.
Mais si, après tout cela, elle voit que le mari continue à aimer
sa favorite, elle changera de tactique et s’efforcera d’amener
entre eux une réconciliation afin d’éviter le déplaisir du mari.

Ainsi finit la conduite de la plus ancienne épouse.
La plus jeune femme regardera la plus ancienne épouse de
son mari comme sa mère, et ne donnera rien, même à ses parents,
sans l’en avoir informée.

Elle lui fera part de tout ce qui
la concerne, et n’approchera du mari qu’avec sa permission.
Elle ne révélera à personne ses secrets que la plus ancienne
épouse lui confiera, et elle prendra des enfants de celle-ci un
soin plus grand encore que des siens propres. Lorsqu’elle sera
seule avec son mari, elle le servira bien, mais ne lui parlera pas
du chagrin que lui fait éprouver l’existence d’une rivale. Elle
pourra aussi obtenir secrètement du mari quelques marques
de son affection particulière, et lui dira qu’elle ne vit que pour
lui et pour les égards qu’il lui témoigne.

Elle ne confiera à personne
son amour pour son mari, ni l’amour de son mari pour
elle, soit par orgueil, soit par colère ; car une femme qui révèle
les secrets de son époux encourt son mépris. Quant à chercher
à obtenir les faveurs de son mari, Gonardiya dit que cela doit
toujours se faire en particulier, par crainte de la plus ancienne
femme. Si la plus ancienne femme est rebutée de son mari, ou
stérile, elle lui marquera de la sympathie, et priera le mari
d’être bon Pour elle ; mais elle s’efforcera de la surpasser en
menant la vie d’une chaste épouse.

Ainsi finit la conduite de la plus jeune femme envers la plus
ancienne.

Une veuve pauvre ou de faible nature, et qui s’allie de nouveau
à un homme, s’appelle une veuve remariée.
Les disciples de Babhraya disent qu’une veuve vierge ne doit
pas épouser un homme qu’elle pourrait être obligée de quitter,
soit a cause de son mauvais caractère, soit parce qu’il serait
dépourvu des qualités essentielles de l’homme.

Gonardiya est
d’avis que, si une veuve se remarie, c’est dans l’espoir d’être
heureuse ; et comme le bonheur dépend surtout des excellentes
qualités du mari, jointes à l’amour du plaisir, le mieux
pour elle est de choisir tout d’abord un homme qui possède ces
qualités. Vatsyayana, toutefois, estime qu’une veuve peut épouser
qui lui plaît, et qui lui paraît capable de la rendre heureuse.
Au moment du mariage, la veuve doit demander à son mari
l’argent nécessaire pour défrayer les parties à boire, les pique
niques avec les parents, les cadeaux à leur donner ainsi qu’aux
amis ; ou bien, si elle préfère, elle fera tout cela à ses propres
amis. De même elle pourra porter soit les ornements de son
mari, soit les siens.

Quant aux présents d’affection à échanger
mutuellement avec son mari, il n’y a pas là-dessus de règle
fixe. Si, après le mariage, elle quitte son mari de son Propre
mouvement, elle devra lui restituer tout ce qu’il lui aura donné,
l’exception des présents mutuels. Mais si elle était chassée de
la maison par son mari, elle n’aurait rien à lui rendre.

Après le mariage, elle vivra dans la maison de son mari
comme un des principaux membres de la famille ; mais elle
traitera les autres femmes avec bonté, les domestiques avec
générosité, et tous les amis de la maison avec familiarité et
bonne humeur. Elle fera voir qu’elle est plus instruite dans les
soixante quatre arts que les autres femmes de la maison ; et si
elle a une querelle avec son mari, elle ne le rudoiera pas, mais,
en particulier, se prêtera à tout ce qu’il désire et mettra en
œuvre les soixante quatre façons de jouissance.

Elle sera obligeante
pour les autres femmes de son mari, donnera des cadeaux
à leurs enfants, leur servira de maîtresse et leur fera des
ornements et des jouets. Elle aura plus de confiance dans les
amis et les serviteurs de son mari que dans ses autres
femmes ; et, finalement, elle sera toujours empressée pour les
parties à boire, les pique-niques, les foires et les festivals, et
pour toutes sortes de jeux et d’amusements.

Ainsi finit la conduite de la veuve vierge remariée.
Une femme que son mari n’aime pas et que les autres
femmes persécutent et font souffrir, doit s’allier avec la femme
préférée du mari et qui l’assiste plus assidûment que les
autres, et lui enseigner tous les arts qu’elle connaît elle-même.

Elle servira de nourrice aux enfants de son mari, et, après
s’être concilié ses amis, lui fera savoir par leur entremise à
quel point elle lui est dévouée. Dans les cérémonies religieuses,
les voeux, les jeunes, elle prendra l’initiative, sans
concevoir elle-même une trop bonne opinion. Lorsque son mari
sera couché sur son lit, elle n’ira le trouver que si cela lui est
agréable, ne lui fera jamais de reproches, et ne lui montrera
aucune mauvaise humeur.

Si le mari est en querelle avec une
de ses autres femmes, elle les réconciliera, et s’il désire voir
quelque femme secrètement, elle s’occupera de ménager le
rendez-vous. Elle cherchera en outre à se rendre compte des
points faibles du caractère de son mari, mais elle les tiendra
toujours secrets et, en général, se conduira de telle façon qu’il
puisse la considérer comme une femme bonne et dévouée.
Ici finit la conduite de la femme qui n’est pas aimée de son
mari.

On voit, dans les paragraphes ci-dessus, comment doivent se
conduire toutes les femmes du sérail du Roi ; nous n’avons
donc plus à parler séparément que du Roi.
Les femmes employées dans le harem, aux quelles on donne
les noms particuliers de Kanchukiyas, Mahallari as et Mahallikas,
doivent offrir au Roi, de la part de ses épouses, des fleurs,
des onguents et des habits, et le Roi, après avoir reçu ces objets,
en fera des cadeaux aux servantes, ainsi que des objets
qu’il aura portés le jour précédent.

Dans l’après-midi, le Roi, habillé et revêtu de ses ornements,
visitera les femmes du harem, qui seront aussi habillées et parées
de leurs bijoux. Alors, après avoir assigné à chacune telle
ou telle place et leur avoir séparément marqué ses égards, suivant
l’occasion et leur mérite personnel, il entretiendra avec
elles une agréable conversation.

Ensuite il visitera celles de ses femmes qui peuvent être des
veuves vierges remariées, et, après elles, les concubines et les
danseuses. Toutes les visites, pour ces trois dernières catégories,
auront lieu dans la chambre particulière de chacune.
Lorsque le Roi s’éveille de sa sieste de midi, la femme qui a
pour mission de lui indiquer celle de ses épouses qui devra
passer la nuit avec lui vient le trouver, accompagnée des suivantes
de cette épouse, dont le tour peut être régulièrement
arrivé, de celle dont le tour peut avoir été passé par erreur, et
de celle qui a pu se trouver indisposée au moment de son tour.

Ces suivantes déposent devant le Roi les onguents et parfums
envoyés par chacune de ces épouses et scellés de leur anneau ;
elles lui disent leurs noms, et les motifs qui leur font envoyer
ces onguents. Là-dessus, le Roi accepte l’onguent de l’une
d’elles, qui en est informée et sait ainsi que son jour est arrivé.
Aux festivals, exercices de chant et cérémonies publiques,
toutes les épouses du Roi doivent être traitées avec respect, et
il leur sera servi des boissons.

Mais il ne doit pas être permis aux femmes du harem de sortir
seules, et aucune femme étrangère au harem ne pourra y
pénétrer, si ce n’est celles dont le caractère sera bien connu.
Enfin, l’ouvrage que les épouses du Roi ont à faire ne doit pas
être trop fatigant.

Ainsi finit la conduite du Roi envers les femmes de son harem,
et la conduite des femmes à son égard. Un homme qui a
plusieurs épouses doit agir loyalement envers toutes. Il ne sera
ni indifférent ni trop indulgent pour leurs défauts, et il ne révélera
pas à l’une d’elles l’amour, la passion, les imperfections
corporelles, ni les défectuosités secrètes de l’autre.

Il ne leur
laissera aucune occasion de lui parler de leurs rivales, et si
l’une d’elles commence à mal parler d’une autre, il la reprendra
en lui disant qu’elle a exactement les mêmes défauts de caractère.
Il plaira à l’une par des confidences intimes, à une
autre par des égards particuliers, à une troisième par quelque
flatterie secrète, et à toutes en allant aux jardins, en les amusant,
en leur faisant des cadeaux, honorant leur famille, leur disant
des secrets, et enfin en ayant du goût pour les unions.

Une jeune femme de bonne humeur, et qui se conduit suivant
les préceptes de l’Écriture Sainte, s’assure l’attachement de
son mari et l’emporte sur ses rivales.

Ainsi finit la conduite d’un mari qui a plusieurs épouses.

 Bientôt


Partie 5


Des épouses d’autrui