samedi 26 novembre 2016

Partie 4 De l’épouse


Chapitre 1

De la manière de vivre d’une femme vertueuse



et de sa conduite pendant l’absence



de son mari.

 


Une femme vertueuse, qui a de l’affection pour son mari, doit
agir selon ses désirs, comme s’il était un être divin ; avec son
consentement, elle prendra sur elle toute la charge de la famille.

Elle tiendra la maison entière bien propre ; y disposera,
dans les différentes pièces, des fleurs de sortes et nuances variées,
et rendra le plancher uni et poli, de manière à donner au
tout un air de propreté et de décence.

Autour de la maison elle entretiendra un jardin, où elle déposera,
toutes prêtes à être utilisées, les matières requises pour
les sacrifices du matin, de midi et du soir. En outre, elle
honorera elle-même, dans leur sanctuaire, les dieux domestiques
; car, observe Gonardiya, « rien n’attache le cœur d’un
chef de maison à sa femme comme la scrupuleuse observation
des règles ci-dessus fixées ».

À l’égard des parents, alliés, amis, sœurs et domestiques de
son mari, elle agira suivant leurs mérites. Dans le jardin, elle
plantera des couches de légumes verts, des bouquets de canne
à sucre, des corbeilles de figuiers, du sénevé, du persil, du fenouil,
et le xanthochymus pictorius. Elle y cultivera aussi différentes
fleurs, telles que la trapa bispinosa, le jasmin, le gasminum
grandiflorum, l’amarante jaune, le jasmin sauvage, la tabemamontana
coronaria, le nadyawona, la rose de Chine, et
autres. Il y aura également le gazon parfumé andropogon
schoenanthus, et la racine parmée de la plante andropogon miricatus.

Enfin le jardin contiendra des arbres et des sièges, et,
au milieu, un puits, bassin ou réservoir.
La maîtresse de maison devra toujours éviter la compagnie
des mendiantes, bouddhistes ou autres, des femmes
débauchées et fourbes, des diseuses de bonne aventure et des
sorcières. Pour les repas, elle tiendra toujours compte de ce
que son mari aime ou n’aime point, de ce qui lui fait du bien et
de ce qui lui fait du mal.

Aussitôt qu’elle entend le bruit de ses
pas lorsqu’il rentre à la maison, elle doit se lever, prête à faire
ce qu’il lui ordonnera, et commander à ses servantes de lui laver
les pieds, si elle ne les lui lave elle-même. Toutes les fois
qu’elle sortira avec lui, elle mettra ses ornements ; et ce ne sera
jamais sans son consentement qu’elle donnera ou acceptera
des invitations, assistera aux mariages et aux sacrifices, siégera
en compagnie de ses amies, ou visitera les temples des
dieux. Et si elle désire participer à un jeu ou sport quelconque,
elle consultera toujours sa volonté. De même, elle s’assiéra
toujours après lui et se lèvera avant lui, et ne l’éveillera jamais
lorsqu’il dormira. La cuisine sera située dans une pièce tranquille
et retirée, de façon que les étrangers n’y aient point accès,
et elle aura toujours un air de propreté.

Au cas où son mari se serait mal conduit, elle ne devra pas le
blâmer avec excès, quel que puisse être son déplaisir. Elle
n’usera pas envers lui d’un langage injurieux, mais lui fera des
reproches mêlés de paroles conciliantes, qu’il soit avec des
amis ou seul. Et surtout, elle ne sera pas querelleuse, car, dit
Gonardiya, « il n’y a rien qui dégoûte un mari comme ce travers
chez une femme ». Elle évitera de lui parler, de regarder
en dessous, de causer à part, de rester devant la porte à épier
les passants, de bavarder dans les promenades publiques, et
de séjourner longtemps dans un endroit solitaire ; et, finalement,
elle tiendra toujours son corps, ses dents, ses cheveux et
tout ce qui lui appartient, nets, élégants et propres.


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Lorsque la femme désirera s’approcher de son mari en particulier,
elle aura un costume richement orné, avec différentes
sortes de fleurs, et une robe de couleurs variées ; elle exhalera
de bonnes odeurs d’onguents et de parfums. Mais son costume
de tous les jours consistera dans une robe légère, d’un tissu
serré, avec quelques fleurs et ornements, et un peu d’odeurs,
sans excès. Elle doit observer les jeûnes et les vœux de son mari,
et s’il essaie de l’en empêcher, elle doit lui persuader de la
laisser faire.

À certaines époques de l’année, lorsque ces objets seront à
bon marché, elle achètera de la terre, des bambous, du bois à
brûler, des peaux, des vases en fer, et aussi de l’huile et du sel.
Les substances odorantes, les vaisseaux faits du fruit de la
plante wàghtea antidysenterica, ou wàghtea à feuilles ovales,
les médicaments et autres objets dont on a constamment besoin,
seront achetés en temps convenable et serrés dans un endroit
secret de la maison. Les graines de radis, de patate, de
betterave commune, d’absinthe indienne, de manguier, de
concombre, d’aubergine, de kushmanda, de citrouille, de surana,
de bignonia indica, de bois de santal, de premna spinosa,
d’ail, d’oignon, et autres légumes seront achetées et semées
dans leur saison.

La femme mariée ne devra pas dire aux étrangers le montant
de sa fortune, ni les secrets que son mari lui aura confiés. Elle
surpassera toutes les femmes de son rang par son adresse, son
bon air, sa connaissance de la cuisine, la dignité de sa tenue et
sa manière de servir son mari. La dépense de l’année sera réglée
sur les profits. Le lait restant après les repas sera converti
en beurre clarifié. L’huile et le sucre seront préparés à la maison
; on y filera, on y tissera ; et on y aura toujours une provision
de cordes et de ficelles, ainsi que des écorces d’arbres à
tresser en cordes. Elle s’occupera aussi du pilage et de l’épuration
du riz, dont elle emploiera les petits grains et la paille à divers
usages. Elle paiera les salaires des domestiques, surveillera
la culture des champs, les troupeaux, la construction des véhicules
et prendra soin des béliers, coqs, cailles, perroquets,
sansonnets, coucous, paons, singes et biches ; et, finalement,
elle arrêtera le revenu et la dépense du jour.

Elle donnera les
vêtements usés aux domestiques qui auront bien travaillé, pour
leur faire voir qu’elle apprécie leurs services, ou bien elle en
fera tel ou tel autre usage. Elle visitera, soigneusement les
vaisseaux dans lesquels on prépare le vin, aussi bien que ceux
où on le renferme, et elle les mettra au rebut le cas échéant.
Elle surveillera aussi toutes les ventes et tous les achats. Elle
accueillera gracieusement les amis de son mari en leur offrant
des fleurs, des onguents, de l’encens, des feuilles de bétel et
des noix de bétel. Elle aura pour son beau père et sa belle
mère les égards qui leur sont dus, condescendant toujours à
leur volonté, ne les contredisant jamais, leur parlant en peu de
mots, mais sans sécheresse, ne riant pas bruyamment en leur
présence, et agissant avec leurs amis ou leurs ennemis comme
avec les siens propres.

En outre, elle ne devra pas être vaine,
ni trop préoccupée de ses plaisirs. Elle sera libérale envers ses
domestiques, et les récompensera les jours de fêtes et de festivals
; enfin, elle ne donnera rien sans en avoir d’abord informé
son mari. Ainsi finit la manière de vivre d’une femme
vertueuse.

Pendant l’absence de son mari en voyage, la femme vertueuse
ne gardera sur elle que ses ornements porte bonheur,
et elle observera les jeunes en l’honneur des dieux. Si anxieuse
qu’elle soit d’avoir des nouvelles de son mari, elle n’en sera
pas moins attentive aux soins du ménage. Elle dormira dans le
voisinage des femmes les plus âgées de la maison, et s’appliquera
à leur être agréable. Elle soignera et tiendra en bon état
les objets affectionnés par son mari, et continuera les ouvrages
qu’il aura commencés. Elle n’ira chez ses parents et amis qu’à
l’occasion d’une réjouissance, ou d’un deuil, et alors elle s’y
rendra dans son costume ordinaire de voyage, accompagnée
des serviteurs de son mari, et n’y restera pas longtemps. Elle
observera les jeûnes et les fêtes avec l’assentiment des plus
âgés de la maison. Elle augmentera les ressources en faisant
des achats et des ventes suivant la pratique des marchands, et
au moyen d’honnêtes domestiques, qu’elle surveillera elle-même.

Le revenu sera augmenté, et la dépense diminuée autant
que possible. Et lorsque son mari reviendra de voyage,
elle le recevra d’abord dans son costume ordinaire, de façon
qu’il puisse voir comment elle s’est tenue pendant son absence,
et elle lui apportera quelques présents, comme aussi des matières
pour les sacrifices à offrir aux dieux.

Ainsi finit ce qui a trait à la conduite d’une femme pendant
l’absence de son mari en voyage.
Il y a aussi, sur ce sujet, des versets dont voici le texte :
« La femme, qu’elle soit une fille de famille noble, ou une
veuve vierge remariée, ou une concubine, doit mener une vie
chaste, être dévouée à son mari, et ne rien négliger pour son
bien-être. Les femmes qui agissent ainsi acquièrent Dharma,
Artha et Kama, obtiennent une haute position, et s’attachent
généralement le cœur de leurs maris. »

 Bientôt

Chapitre 2
De la conduite de la plus ancienne épouse
envers les autres épouses de son mari, et de
la plus jeune épouse envers les plus anciennes
; de la conduite d’une veuve vierge
remariée ; d’une épouse rebutée par son mari
; des femmes dans le harem du roi.