dimanche 1 janvier 2017

Des différentes sortes de gain.


Chapitre 5

Des différentes gain.

 


Si une courtisane peut réaliser chaque jour beaucoup d’argent,
grâce à une nombreuse clientèle, elle ne doit pas s’attacher à
un seul amant ; dans ce cas, elle fixera son prix pour une nuit,
après avoir bien considéré le lieu, la saison, les ressources de
ses clients, ce qu’elle à de bonnes qualités, sa bonne mine, et
aussi en comparant ses prix avec ceux d’autres courtisanes.
Elle pourra informer de son tarif ses amants, amis et connaissances.
Si, cependant, elle a la chance d’obtenir un gros gain
d’un seul amant, elle pourra s’attacher à lui seul et vivre maritalement
avec lui.

Maintenant, les Sages sont d’avis que, si une courtisane a la
chance l’un gain égal de la part de deux amants à la fois, elle
doit préférer celui qui lui donnerait précisément la chose dont
elle a besoin. Mais Vatsyayana dit qu’elle oit préférer celui qui
lui donne de l’or, parce que l’or ne peut pas être repris comme
d’autres objets, qu’on le reçoit facilement, et que c’est un
moyen de se procurer tout ce qu’on désire.

De toutes ces choses : or, argent, cuivre, métal de cloche,
fer, vases, meubles, lits, vêtements de dessus, vêtements de
dessous, substances parfumées, vaisseaux faits avec des
gourdes, huile, blé, bestiaux, etc., première, c’est-à-dire l’or,
est supérieure à toutes les autres.

Si la conquête des deux amants exige la même peine, ou si
l’on eut obtenir a même chose de chacun d’eux, il conviendra
de s’en apporter pour le choix à une amie ; ou bien l’on se décidera
d’après leurs qualités personnelles, ou encore d’après les
signes de bonne ou mauvaise fortune qu’ils pourront porter sur
eux.

S’il y a deux amants, ont l’un est attaché à la courtisane, et
l’autre est simplement très généreux, les Sages disent qu’il
faut donner la préférence à l’amant généreux ; mais Vatsyayana
est d’avis qu’il vaut lieux préférer celui qui est attaché à la
courtisane, parce qu’il Peut devenir généreux : en effet, un
avare même donne de l’argent s’il est pris d’une femme, tandis
qu’un homme simplement généreux. aimera jamais avec attachement.
Mais si, parmi ceux qui lui sont attachés, il y en a un
pauvre et un riche, elle donnera naturellement préférence au
dernier.

S’il y a deux amants, dont l’un est généreux, et l’autre prêt à
rendre un service quelconque à la courtisane, certains Sages
disent qu’il faut préférer celui qui est prêt à rendre le service ;
mais, dans l’opinion Vatsyayana, un homme qui rend un service
croit avoir tout gagné une fois la chose faite, tandis qu’un
homme généreux ne pense plus à qu’il a donné. Ici même, la
courtisane se décidera d’après l’utilité de bénéfices que pourra
lui procurer son union avec ou l’autre.
Si l’un des deux amants est reconnaissant, et l’autre libéral,
certains Sages disent qu’il faut préférer le libéral ; mais, dans
l’opinion de Vatsyayana, c’est le premier qu’il faut choisir, car
les hommes libéraux sont généralement hautains, brusques en
paroles et sans égards pour les autres. Ces hommes libéraux
auront beau avoir été longtemps liés avec la courtisane, s’ils
viennent à lui découvrir quelque défaut, ou si une autre femme
leur en dit du mal, ils n’ont cure des services passés et
rompent subitement. L’homme reconnaissant, au contraire, ne
brise pas tout d’un coup avec elle : il a égard à la peine qu’elle
peut s’être donnée pour lui plaire. Ici encore, le choix sera déterminé
par les probabilités de l’avenir.

Lorsque la courtisane trouve à la fois une occasion de satisfaire
à la requête d’un ami, et une chance de gagner de l’argent,
les Sages disent qu’elle doit avant tout s’occuper de gagner
de l’argent. Mais Vatsyayana est d’avis que l’argent peut
se retrouver demain aussi bien Qu’aujourd’hui, mais que, si
l’on néglige une fois la requête peut en garder rancune. Ici encore,
le choix sera déterminé par le meilleur résultat à obtenir.
En pareille occasion, toutefois, la courtisane pourra apaiser
son ami en lui disant qu’elle a quelque chose à faire et qu’elle
satisfera à sa requête le jour suivant : de cette manière, elle ne
perdra point la chance de gagner l’argent qu’on lui offrait.

Si la chance de gagner de l’argent et celle d’éviter quelque
désastre se présentent à la fois, les Sages sont d’avis qu’il faut
préférer la chance de gagner de l’argent ; mais Vatsyayana dit
que l’importance limitée, tandis qu’un désastre, une fois évité,
peut ne plus revenir. Ici, au surplus, ce qui doit déterminer le
choix, c’est laideur ou l’insignifiance du désastre.

Les gains de la plus riche et de la meilleure classe de seront
affectés aux dépenses suivantes :
À bâtir des temples, réservoirs et jardins ; à donner un millier
vaches à différents Brahmanes ; à pratiquer le culte des
dieux et célébrer des festivals en leur honneur ; et, enfin, qui
pourront être dans leurs moyens. Les gains des autres courtisanes
seront dépensés comme suit :
À posséder un habillement blanc à porter chaque jour ; à se
curer nourriture et boisson en quantité suffisante pour apaiser
et soif ; à manger chaque jour un tambula parfumé, c’est-à-dire
mélangé de noix de bétel et de feuilles de bétel ; et à porter
des ornements rodés d’or. Les Sages disent que ces dépenses
les gains de toutes les classes moyennes et inférieures de courtisanes
mais Vatsyayana est d’avis que leurs gains ne peuvent
être fixés en aucune façon, attendu qu’ils dépendent des conditions
du lieu, de la coutume du peuple, de leur propre physionomie,
et de bien d’autres choses.

Si une courtisane veut empêcher un homme de s’adresser à
une autre femme ; ou si elle veut le détacher d’une autre
femme avec laquelle il est lié ; ou priver une femme des gains
qu’elle en a tirés ; ou si elle croit qu’elle élèverait sa position,
gagnerait de gros bénéfices et se rendrait désirable à tous les
hommes en s’unissant avec celui-là ; ou bien si elle désire se
procurer son aide pour éviter quelque malheur ; ou si elle lui
est réellement attachée et l’aime d’amour ; ou si elle a en vue
de faire du tort à quelqu’un par son moyen ; ou si elle a égard
à quelque faveur qu’elle en a précédemment reçue ; ou si, pour
s’unir à lui, elle n’est poussée que par le désir : dans n’importe
lequel des cas ci-dessus, elle ne lui demandera qu’une petite
somme d’argent, et d’une manière amicale.
Si une courtisane a l’intention d’abandonner un amant en
titre et d’en prendre un autre ; ou si elle a des raisons de
croire que son amant va la quitter bientôt et retourner à ses
femmes ; ou qu’il a dissipé tout son argent et se retrouve sans
le sou, et que son tuteur, ou son maître, de son frère va venir le
reprendre ; ou que son amant est sur le point de perdre sa position
; ou enfin, qu’il est d’humeur volage : dans tous ]es cas
elle devra essayer de tirer de lui le plus tôt possible autant l’arpent
qu’elle pourra.

D’un autre côté, si la courtisane pense que son amant est sur
le point de recevoir de beaux présents ; ou d’obtenir une
charge auprès du Roi ; ou d’hériter d’une fortune ; ou qu’il a,
tout près d’arriver, un navire chargé de marchandises ; ou qu’il
possède de grands stocks de blé et d’autres denrées ; ou que,
si elle fait quelque chose pour lui, ce ne sera pas peine perdue
; ou bien, qu’il est toujours fidèle à sa parole : alors elle
prendra conseil de son bien-être à venir, et vivra avec lui
comme une femme mariée.

Il y a aussi, sur ce sujet, des versets dont voici le texte :
"En vue de ses bénéfices présents et de son bien-être à venir,
une courtisane doit éviter les hommes qui ont gagné avec
beaucoup de peine leurs moyens de subsistance, comme aussi
ceux qui sont devenus égoïstes et durs en obtenant les faveurs
du Roi." "Elle fera tous ses efforts pour s’unir avec des personnages
fortunés et libéraux, et avec ceux qu’il serait dangereux
d’éviter ou d’offenser en quoi que ce soit. Même au prix de
quelque sacrifice, elle se fera avec des hommes énergiques et
généreux, qui, une fois satisfaits, qui donneront beaucoup d’argent,
voire pour un très petit service, ou pour fort peu de
chose."

 

 Bientôt

 

Chapitre 6
Des gains et des pertes, gains et pertes accessoires,
doutes ; et enfin, des différentes
sortes de courtisanes.