samedi 24 décembre 2016


Lorsqu’une jeune fille ne peut voir souvent son amant en particulier,
elle doit lui envoyer la fille de sa nourrice, étant bien entendu
qu’elle a confiance en elle et qu’elle l’a préalablement
gagnée à ses intérêts. Dans sa conversation avec l’homme, la
fille de la nourrice lui vantera la naissance de la jeune fille, son
heureux caractère, sa beauté, ses talents, son adresse, sa maturité
d’esprit et son affection, mais de façon à ne pas lui laisser
soupçonner qu’elle vient de sa part ; elle excitera ainsi
dans le coeur de l’ homme de l’amour pour la jeune fille. À celle
ci, en retour, elle parlera des excellentes qualités de l’homme,
et spécialement de celles qu’elle sait lui être agréables.
Elle parlera aussi, en termes défavorables, des autres amants
de la jeune fille, critiquera l’avarice et l’indiscrétion de leurs
parents, le peu de consistance de leurs familles. Elle citera des
exemples de filles des anciens temps, telles que Sacountala et
d’autres, qui, s’étant unies avec des amants de leur propre
caste et de leur propre choix, furent toujours heureuses dans
leur société. Elle parlera aussi d’autres filles qui, mariées dans
de grandes familles et bientôt tourmentées par des épouses rivales,
devinrent misérables et, finalement, furent abandonnées.
Enfin, elle parlera de l’heureuse fortune, de la prospérité
inaltérable, de la chasteté, de l’obéissance et de l’affection de
l’homme, et si la jeune fille en devient amoureuse, elle s’efforcera
de rassurer sa pudeur, de dissiper ses craintes ou ses
soupçons relativement à quelque malheur qui pourrait résulter
de son mariage.

En un mot, elle remplira exactement le rôle
d’une messagère en instruisant la jeune fille de tout ce qu’elle
saura de l’amour de l’homme, des endroits qu’il fréquente, des
efforts qu’il a faits pour la rencontrer, et en lui répétant
souvent :

 « Tout ira au mieux si l’homme vous enlève de force et à
l’improviste. »

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Formes de mariage


Lorsqu’une jeune fille sera conquise et se comportera ouvertement
avec l’homme comme si elle était sa femme, l’homme fera
venir du feu de la maison d’un Brahmane, et après avoir semé
sur la terre de l’herbe Kusha et offert un sacrifice au feu, il
l’épousera suivant les préceptes de la loi religieuse. Ensuite il
informera du fait ses parents ; car, dans l’opinion d’anciens auteurs,
un mariage solennellement contracté en présence du feu
ne peut être ultérieurement annulé.
Après la consommation du mariage, les parents de l’homme
se rendront graduellement compte de l’affaire ; et les parents
de la fille seront aussi informés, avec les ménagements propres
à gagner leur consentement et à leur faire oublier la manière
dont le mariage a été conclu. Ce point obtenu, on achèvera la
réconciliation par d’aimables présents et des procédés respectueux.
C’est ainsi que l’homme doit épouser une fille, conformément
à la forme Gandharva de mariage.

Si une jeune fille ne peut se décider, ou si elle ne veut pas exprimer
qu’elle est prête à se marier, l’homme en viendra à ses
fins par l’un les moyens suivants :

À la Première occasion favorable, et sous quelque prétexte, il
devra, par l’intermédiaire d’une amie qu’il connaît bien et à laquelle
il peut se fier, et qui est aussi bien connue de la jeune
fille, la faire amener inopinément chez lui.

Alors il ira chercher
du feu dans la maison d’un Brahmane, et procédera comme il
est décrit plus haut. Si le mariage de la jeune fille avec quelque
autre personne s’annonce comme prochain, l’homme fera tous
ses efforts pour discréditer le futur époux dans l’esprit de la
mère. Alors, ayant obtenu de la mère d’emmener la jeune fille
dans une maison voisine, il ira chercher du feu dans la maison
d’un Brahmane, et procédera comme ci-dessus. L’homme devra
se faire le grand ami du frère de la jeune fille, ledit frère étant
du même âge que lui, adonné aux courtisanes et occupé d’intrigues
avec les femmes d’autrui ; il lui prêtera son assistance
en tout cela et, à l’occasion, lui fera aussi des présents. Il lui dira
alors combien il est épris de sa sœur ; et l’on sait que les
jeunes gens sont prêts à tout sacrifier, même leur vie, pour
ceux qui peuvent avoir leur âge, leurs habitudes et leurs goûts.
Ensuite, il se fera amener la jeune fille, par le moyen de son
frère, dans quelque endroit sûr, où, après avoir été chercher
du feu dans la maison d’un Brahmane, il procédera comme ci-dessus.
À l’occasion des festivals, l’homme fera donner à la
jeune fille, par la fille de sa nourrice, quelque substance enivrante,
et alors il la fera venir dans un lieu sûr sous un prétexte
quelconque ; et là, après en avoir joui avant que son
ivresse soit dissipée, il apportera du feu de la maison d’un
Brahmane, et procédera comme plus haut.

L’homme, de connivence
avec la fille de sa nourrice, enlèvera la jeune fille de sa
maison pendant qu’elle est endormie ; et alors, après en avoir
joui avant son réveil, il apportera du feu de la maison d’un
Brahmane, et procédera comme plus haut. Si la jeune fille se
rend à un jardin, ou à quelque village des environs, l’homme,
assisté de ses amis, tombera sur ses gardiens et, les ayant tués
ou mis en fuite, il l’enlèvera de force et procédera comme ci-dessus.

Il y a, sur ce sujet, des versets dont voici le texte :

« Pour les formes de mariage indiquées dans le présent chapitre,
celle qui précède est meilleure que celle qui suit, parce
qu’elle s’accorde davantage avec les préceptes de la religion,
et, en conséquence, c’est seulement lorsqu’il est impossible de
pratiquer la première qu’il est permis de recourir à la seconde.

Comme le fruit de tout bon mariage est l’amour, la forme de
mariage Gandharva est respectée, lors même qu’elle aurait été
pratiquée dans des circonstances défavorables, parce qu’elle
remplit le but qu’on se propose.

Une cause de mariage attribuée à la forme de mariage Gandharva,
c’est qu’elle procure le bonheur, occasionne moins
d’embarras que les autres formes, et qu’elle est essentiellement
le résultat d’un amour préalable. »

http://livre.fnac.com/a10108767/Karine-Poyet-Interpretations-des-reves-en-songes?omnsearchpos=1#ficheResume
  
Bientôt


Partie 4


De l’épouse


Chapitre 1


De la manière de vivre d’une femme vertueuse


et de sa conduite pendant l’absence


de son mari.