vendredi 2 décembre 2016

Chapitre 11 En résumé + La Partie 3 De l’acquisition d’une épouse


Un homme qui emploie les soixante-quatre moyens indiqués
par Babhravya atteint son but et s’assure la jouissance d’une
femme de la plus haute qualité.

Il aura beau disserter savamment
sur d’autres sujets, s’il ne connaît pas les soixante-quatre
divisions, il n’obtiendra que peu d’estime dans l’assemblée des
lettrés. Un homme, dépourvu d’autre savoir, mais bien au courant
des soixante-quatre divisions, aura la prééminence dans
toute société d’hommes et des femmes. Comment ne pas respecter
les soixante-quatre parties, si l’on considère qu’elles ont
le respect des lettrés, des savants et des courtisanes ? 

C’est à
raison de ce respect attaché aux soixante-quatre parties, du
charme qu’elles possèdent et des mérites qu’elles ajoutent aux
attraits naturels des femmes, que les Acharyas les appellent
chères aux femmes. Un homme versé dans les soixante-quatre
parties est chéri de sa propre femme, des femmes des autres et
des courtisanes.


Partie 3



De l’acquisition d’une épouse


Chapitre 1



Du mariage.


Lorsqu’une fille de la même caste, et qui est vierge, se marie
conformément aux préceptes de la Sainte Écriture, les résultats
de cette union sont :

l’acquisition de Dharma et d’Artha, la
postérité, l’affinité, l’accroissement du nombre des amis, et un
amour sans nuages.

Pour cette raison, l’homme doit choisir
une fille de bonne famille, dont les parents soient vivants, et
qui ait trois ans ou plus de moins que lui. Il faut qu’elle appartienne
à une famille hautement respectable, riche, en bonne
position, entourée de nombreux parents et amis.

Elle doit aussi
être belle, bien douée, avec des signes de bon augure sur le
corps ; les ongles, les dents, les oreilles, les yeux, les seins seront
réguliers, tels qu’ils doivent être, ni plus ni moins, et au
complet ; le corps jouira d’une bonne santé. L’homme, naturellement,
doit posséder lui-même ces qualités. Mais il ne faut
point, dit Ghotakamukha, aimer une fille qui a déjà été unie à
d’autres (c’est-à-dire, qui n’est plus vierge), car ce serait une
action répréhensible.

Maintenant, pour mener à bonne fin un projet de mariage
avec une fille telle qu’on vient de la décrire, les parents et les
amis de l’homme doivent faire tous leurs efforts, aussi bien que
les amis des deux côtés dont l’assistance pourra être réclamée.
Ces amis révéleront aux parents de la fille les défauts, présents
et futurs, de tous les autres hommes qui peuvent la courtiser,
et, en même temps, ils exalteront jusqu’à l’hyperbole les mérites
de leur ami sous le rapport de ses ancêtres et de sa famille,
de manière à le faire aimer des Parents, et surtout de
ceux qui peuvent être en meilleurs termes avec la mère de la
fille.

Un des amis pourra aussi se déguiser en astrologue, et
pronostiquer l’heureuse fortune et la richesse future de son
ami, en affirmant qu’il a pour lui tous les présages et signes de
bonheur :

bonne influence des planètes, entrée favorable du
Soleil dans tel ou tel signe du zodiaque, étoiles propices,
marques de bon augure sur son corps.

D’autres enfin pourront éveiller la jalousie de la mère, en lui
disant que son ami a des chances de trouver ailleurs encore
mieux que sa fille.
Il convient de prendre une fille pour épouse, ou de la donner
en mariage, lorsqu’on est pleinement satisfait de la fortune,
des signes, des présages et des paroles des autres, car, dit
Ghotakamukha, un homme ne doit pas se marier au premier
caprice qui lui en vient. On ne doit pas épouser une fille qui
dort, qui pleure, ou qui est sortie de la maison au moment où
on la demande en mariage, ou qui est fiancée à un autre.

On doit aussi éviter les suivantes :

Celle qui est tenue cachée.

Celle qui a un nom malsonnant.

Celle qui a le nez déprimé.

Celle qui a la narine relevée.

Celle qui a des formes de garçon.

Celle qui est courbée.

Celle qui a les cuisses tortues.

Celle qui a le front Proéminent.

Celle qui a la tête chauve.

Celle qui n’aime pas la pureté.

Celle qui a été Polluée par d’autres.

Celle qui est affectée du Gulma.

Celle qui est défigurée d’une façon quelconque.

Celle qui est arrivée à pleine puberté.

Celle qui est une amie.

Celle qui est une plus jeune sœur.

Celle qui est une Vars akar.

De même encore, une fille qui porte le nom d’une des vingtsept
étoiles, ou le nom d’un arbre, d’une rivière, passe pour ne
rien valoir, comme aussi une fille dont le nom finit par un r ou
un l. Mais, au dire de quelques auteurs, on ne peut être heureux
qu’en épousant une fille à laquelle on s’attache, et, conséquemment,
on ne doit pas épouser d’autre fille que celle qu’on
aime.

Lorsqu’une fille devient bonne à marier, ses parents doivent
l’habiller coquettement, et la produire partout où elle puisse
être aisément vue de tous. Chaque après-midi, après l’avoir habillée
et parée avec élégance, ils l’enverront avec ses jeunes
compagnes aux sports, sacrifices et cérémonies de mariage, la
faisant voir ainsi à son avantage, attendu Qu’elle est une sorte
de marchandise. Ils devront aussi accueillir, avec de bonnes
paroles et des témoignages d’amitié, les personnes de favorable
apparence que leurs parents ou leurs amis leur amèneraient
en vue du mariage de leur fille ; ils l’habilleront alors
élégamment, sous un prétexte ou un autre, et la leur présenteront.
Cela fait, ils attendront le bon plaisir de la fortune, et feront
tel ou tel jour pour décider du mariage.

Ce jour-là, lorsque
les personnes seront arrivées, les parents de la fille les inviteront
à se baigner et à dîner, et leur diront :

« Tout viendra en son temps » ; et, sans donner immédiatement suite à la demande, ils renverront l’affaire à plus tard.

Lorsqu’un homme a de la sorte fait l’acquisition d’une fille
suivant l’usage du pays, ou d’après son propre désir, il doit
l’épouser en se conformant aux préceptes de la Sainte Écriture
touchant l’une des quatre sortes de mariages.
Ainsi finit le mariage.

Il y a aussi, sur ce sujet, des versets dont voici le texte :

« Les amusements de société, tels que de compléter des vers
commencés par d’autres, les mariages et les cérémonies propitiatoires,
ne doivent avoir lieu ni avec des supérieurs, ni avec
des inférieurs, mais avec nos égaux.

On dit qu’il y a haute alliance
lorsqu’un homme, après avoir épousé une fille, est obligé
ensuite de la servir, elle et ses Parents, comme un domestique,
et une telle alliance est blâmée Par les gens de bien.
D’un autre côté, les sages qualifient de basse alliance, en la
condamnant, le mariage d’un homme qui, de concert avec ses
parents, agit en despote envers sa femme. Mais lorsque
l’homme et la femme se rendent mutuellement agréables l’un à
l’autre, et que les parents des deux côtés les respectent également,
cela s’appelle une alliance dans le propre sens du mot.
Un homme, donc, ne doit contracter ni une haute alliance qui
l’obligerait ensuite à s’abaisser devant les parents, ni une
basse alliance que tout le monde réprouve. »

 Bientôt


Chapitre 2


De la confiance à inspirer à la fille.