samedi 24 décembre 2016

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Chapitre 3


Lorsqu’un homme essaie de séduire une femme, il doit examiner
son état d’esprit, et agir comme il va être dit :

Si elle l’écoute, sans toutefois lui manifester en aucune manière
ses propres intentions, il essaiera de la gagner au moyen
d’une entremetteuse.

Si elle le rencontre une fois, et qu’elle vienne de nouveau à le
rencontrer, mieux habillée qu’auparavant, ou si elle va le trouver
dans quelque endroit solitaire, il peut être certain qu’avec
un peu de violence il arrivera à ses fins. Une femme qui laisse
un homme lui faire la cour, mais ne lui cède pas, même après
un long temps, Peut être considérée comme une tricheuse en
amour ; cependant, vu l’inconstance de l’esprit humain, il sera
possible de triompher d’une telle femme, si l’on entretient toujours
avec elle d’étroites relations.

Lorsqu’une femme évite les attentions d’un homme et, soit
par respect pour lui, soit par orgueil personnel, ne veut ni le
rencontrer n’y l’approcher, on pourra cependant, quoique avec
difficulté, en venir à bout, soit en s’efforçant de se familiariser
avec elle, soit en se servant d’une très habile entremetteuse.
Lorsqu’un homme fait la cour à une femme, et qu’elle le repousse
avec des mots injurieux, il doit sur le-champ y renoncer.
Lorsqu’une femme repousse un homme, mais en même
temps lui témoigne par ses actes de l’affection, il faut lui faire
l’amour de toute manière.

Une femme qui rencontre un homme dans des endroits solitaires,
et qui le laisse la toucher de son pied, tout en ayant
l’air, à cause de l’indécision de son esprit, de ne pas s’en apercevoir,
pourra être gagnée avec de la patience et des efforts
persévérants, comme il va être dit :

S’il arrive qu’elle dorme dans son voisinage, il l’enlacera de
son bras gauche, et, à son réveil, il observera si elle le repousse
sérieusement, ou seulement de façon à laisser voir
qu’elle ne demande pas mieux qu’il recommence.
Et ce qui se
fait avec le bras peut aussi se faire avec le pied. Si l’homme
réussit en ce point, il l’embrassera plus étroitement ; et si elle
ne veut pas rester embrassée et se lève, mais le conduit avec
lui de même sorte le jour suivant, il en conclura qu’elle n’est
pas éloignée de lui céder. Si toutefois elle ne reparaissait pas,
l’homme essaierait de la gagner au moyen d’une entremetteuse
; et si, après avoir disparu quelque temps, elle reparaît
de nouveau et se conduit avec lui comme ordinaire, il en
conclura qu’elle n’a plus d’objection à s’unir à lui.

Lorsqu’une femme offre à un homme une occasion et lui manifeste
son amour, il se mettra en devoir d’en jouir.

Les manières dont une femme manifeste son amour sont les suivantes :

Elle s’adresse à un homme sans qu’il lui ait parlé le premier.

Elle se montre à lui dans des endroits secrets. Elle lui parle en
tremblant et avec des mots inarticulés. Elle a les doigts de la
main et les orteils des pieds moites de transpiration, et son visage
rayonne de plaisir. Elle s’occupe à lui masser le corps et à
lui presser la tête. En le massant, elle ne travaille que d’une
main seulement, et avec l’autre elle touche certaines parties de
son corps. Elle reste les deux mains placées sur son corps, sans
remuer, comme si quelque chose l’avait surprise ou si elle était
épuisée de fatigue. De temps en temps elle penche son visage
sur ses cuisses, et s’il la prie de les lui masser, elle n’y manifeste
aucune répugnance. Elle place une de ses mains tout à
fait sans mouvement sur son corps, et quoique l’homme la
tienne pressée entre deux de ses membres, elle ne la retire pas
pour autant. Enfin, lorsqu’elle a résisté à tous les efforts de
homme pour en venir à bout, elle revient le trouver le jour suivant
pour lui masser de nouveau le corps.

Lorsqu’une femme ne donne point encouragement à un
homme et ne l’évite pas non plus, mais se tient cachée ans
quelque endroit solitaire, on pourra la gagner au moyen d’une
servante de son voisinage. Si, appelée par l’homme, elle tient
la même conduite, il faudra recourir alors à une habile
entremetteuse. Mais si elle refuse de rien faire dire à l’homme,
il devra bien réfléchir avant de continuer ses poursuites.
Ainsi finit l’examen de l’état d’esprit d’une femme.

Un homme doit s’introduire le premier auprès d’une femme,
et alors tenir avec elle une conversation. Il lui fera quelques
ouvertures d’amour, et si, d’après ses réponses, il s’aperçoit
qu’elle accueille favorablement ces ouvertures, il se mettra à
l’oeuvre pour en venir à ses fins, sans aucune crainte. Une
femme qui, à la première entrevue, trahit son amour par des
signes extérieurs, devra être gagnée très aisément. De même
une femme lascive qui, si on lui parle amoureusement, répond
aussitôt par des paroles où se révèle l’amour, doit être considérée
comme gagnée à l’instant même. À l’égard de toutes les
femmes, qu’elles soient sages, simples ou confiantes, il est de
principe que celles qui manifestent ouvertement leur amour
sont aisément gagnées.


 Bientôt


Chapitre 4
Des devoirs d’une entremetteuse.