lundi 12 décembre 2016

Chapitre 4 Des sortes de femmes fréquentées par les citoyens, des amis et messagers



Lorsque Kama est pratiqué par des hommes des quatre castes,
conformément aux règles de la Sainte Écriture (c’est-à-dire par
mariage légal), avec des vierges de leur propre caste, c’est un
moyen d’acquérir une postérité légale et une bonne réputation,
et ce n’est pas non plus opposé aux usages du monde. 
Au contraire, la pratique de Kama avec les femmes de castes plus
élevées, et avec celles dont d’autres ont déjà joui, quoiqu’elles
soient de la même caste, est prohibée. Mais la pratique de Kama
avec des femmes des castes inférieures, avec des femmes
excommuniées de leur Propre caste, avec des femmes publiques,
et avec des femmes deux fois mariées, n’est ni ordonnée
ni prohibée. La pratique de Kama avec de telles femmes
n’a pour objet que le plaisir.
Les Nayikas, donc, sont de trois sortes : filles, femmes deux
fois mariées, et femmes publiques. Gonikaputra a émis l’opinion
qu’il existe une quatrième sorte de Nayika, savoir : une
femme à qui l’on s’adresse par une occasion spéciale, même si
elle est déjà mariée à un autre. 

Ces occasions spéciales naissent, pour un homme, de l’un ou de l’autre des raisonnements ci-après :

Soit cette femme est volontaire, et beaucoup d’autres en ont
joui avant moi. Je puis, en conséquence, m’adresser à elle
comme à une femme publique quoiqu’elle appartienne à une
caste plus élevée que la mienne, et, ce faisant, je ne violerai
pas les commandements de Dharma. 

Ou bien : 

{[ b ] Cette femme est deux fois mariée, et d’autres en ont
joui avant moi ; rien ne m’empêche, en conséquence, de
m’adresser à elle.

Ou bien : 

{[ c ] Cette femme a gagné le cœur de son grand et puissant
époux, et elle exerce de l’empire sur lui, qui est l’ami de mon
ennemi ; si donc elle se lie avec moi, elle obtiendra de son mari
qu’il abandonne mon ennemi. 

Ou bien : 

{[ d ] Cette femme fera tourner en sa faveur l’esprit de son
mari, qui est très puissant, et lui, étant mal disposé pour moi
en ce moment-ci, projette de me faire quelque mal. 

Ou bien : 

{[ e ] En me liant avec cette femme, je tuerai son mari, et je
mettrai ainsi la main sur ses immenses richesses que je
convoite. 

Ou bien : 

{[ f ] L’union de cette femme avec moi ne présente aucun
danger, et elle m’apportera une fortune dont j’ai très grand besoin,
vu ma pauvreté et mon impuissance à me soutenir. Ce sera
donc un moyen de m’approprier ses grandes richesses sans
aucune difficulté. 

Ou bien : 

{[ g ] Cette femme m’aime ardemment, et elle connaît mes
côtés faibles. Si, en conséquence, je refuse de m’unir à elle,
elle publiera mes défauts, de façon à ternir mon caractère et
ma réputation. Ou encore elle portera contre moi quelque
grosse accusation, dont il me sera difficile de me débrouiller,
et je serai ruiné. Ou peut-être elle détachera de moi son mari,
qui est puissant et sur qui elle a de l’empire, et elle lui fera
prendre le parti de mon ennemi, ou elle même s’alliera avec ce
dernier. 

Ou bien : 

{[ h ] Le mari de cette femme a violé la chasteté de mes
femmes : je lui rendrai donc cette injure en séduisant les
siennes. 

Ou bien : 

{[ i ] Avec l’assistance de cette femme, je tuerai un ennemi
du Roi qui a cherché asile près d’elle et que le Roi m’a ordonné
de détruire. 

Ou bien :

{[ j ] La femme que j’aime est sous la domination de cette
autre femme. Je pourrai, au moyen de celle-ci, me faire accueillir
de la première. 

Ou bien : 

{[ k ] Cette femme me procurera une fille, riche et belle,
mais qu’il est difficile d’aborder parce qu’elle est sous la domination
d’un autre. 

Ou, enfin : 

{[ f ] Mon ennemi est l’ami du mari de cette femme. Je pourrai
la faire mettre en relations avec lui et causer ainsi de l’inimitié
entre son mari et lui.
Pour ces raisons et autres semblables, on peut s’adresser aux
femmes d’autrui, mais il doit être bien entendu que cela est
seulement permis pour des raisons spéciales, et non pour la
pure satisfaction d’un désir charnel.

Charayana pense que, ceci étant donné, il y a encore une cinquième
sorte de Nayika, savoir : 

une femme entretenue par un
ministre, ou qui le visite de temps à autre ; ou une veuve qui
favorise le dessein d’un homme auprès de celui qu’elle fréquente.
Suvamanabha ajoute qu’une femme qui vit en ascète et
dans l’état de veuvage peut être considérée comme une
sixième sorte de Nayika.
 Ghota amukha dit que la fille d’une femme publique, et une
servante, qui sont encore vierges, forment une septième sorte
de Nayikas. Gonardiya prétend que toute femme issue d’une bonne famille,
lorsqu’elle est en âge, est une huitième sorte de Nayika.
Mais ces quatre dernières sortes de Nayikas ne diffèrent pas
beaucoup des quatre premières, car il n’existe pas de raisons
spéciales pour s’adresser à elles. 

En conséquence, Vatsyayana
ne reconnaît que quatre sortes de Nayikas, savoir : 

la fille, la femme deux fois mariée, la femme publique, et la femme à qui
l’on s’adresse pour un objet spécial. 

On ne doit pas jouir des femmes suivantes : 

Une lépreuse ; Une lunatique ; Une femme chassée de sa
caste ; Une femme qui révèle des secrets ; Une femme qui exprime
publiquement son désir du commerce sexuel ; Une
femme extrêmement blanche ; Une femme extrêmement noire ;
Une femme qui sent mauvais ; Une femme qui est votre proche
parente ; Une femme qui vous est liée d’amitié ; Une femme
qui vit en ascète ; Et, enfin, la femme d’un parent, d’un ami,
d’un Brahmane lettré, ou du Roi.
Les disciples de Babhravya disent qu’il est permis de jouir
d’une femme dont cinq hommes ont déjà joui. Mais Gonikaputra
est d’avis que, même dans ce cas, il faut excepter les
femmes d’un parent, d’un Brahmane lettré ou d’un roi. 

Voici maintenant les différentes sortes d’amis : 

Celui qui a joué avec vous dans la poussière, c’est-à-dire
dans l’enfance ; Celui qui vous est lié par une obligation ; Celui
qui a les mêmes dispositions et les mêmes goûts ; Celui qui est
un de vos camarades d’études ; Celui qui est au fait de vos secrets
et de vos défauts, et dont les défauts et les secrets vous
sont aussi connus ; Celui qui est l’enfant de votre nourrice ; Celui
qui a été élevé avec vous ; Celui qui est un ami héréditaire.

Ces amis doivent posséder les qualités suivantes : 

Ils doivent dire la vérité ; Ils ne doivent pas changer avec le
temps ; Ils doivent favoriser vos desseins ; Ils doivent être
fermes ; Ils doivent être exempts de convoitise ; Ils doivent être
incapables de se laisser gagner par d’autres ; Ils ne doivent pas
révéler vos secrets.
Charayana dit que les citoyens entretiennent des relations
d’amitié avec des blanchisseurs, des barbiers, des vachers, des
fleuristes, des droguistes, des marchands de feuilles de bétel,
des cabaretiers, des mendiants, des Pithamardas, Vitas et Vidushakas,
aussi bien qu’avec les femmes de tous ceux-ci. 

Un messager doit posséder les qualités suivantes : 

Adresse ; Audace ; Connaissance de l’intention des hommes
par leurs signes extérieurs ; Absence de confusion, c’est-à-dire
pas de timidité ; Connaissance de ce que signifient exactement
les actes et les paroles des autres ; Bonnes manières ; Connaissance
des temps et lieux convenables pour faire différentes
choses ; Loyauté en affaires ; Intelligence vive ; Prompte application
des remèdes, c’est-à-dire abondance et promptitude de
ressources. 

Et cette partie finit par un verset : 

« L’homme ingénieux et sage, qui est assisté par un ami, et
qui connaît les intentions des autres, comme aussi le temps et
le lieu convenables Pour faire chaque chose, peut triompher,
très aisément, même d’une femme très difficile à obtenir. »

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