jeudi 15 décembre 2016

Partie 2 De l’union sexuelle

 

Chapitre 1


Sortes d’unions

 

Des sortes d’union sexuelle, suivant : 

Les dimensions ; La force du désir ou la passion ; Le temps

1. Sortes d’unions


L’homme est divisé en trois classes, savoir : l’homme-lièvre,
l’homme-taureau et l’homme-cheval, suivant la grandeur de
son Lingam.
La femme aussi, suivant la profondeur de son yoni, est une
biche, une jument, ou un éléphant femelle.
Il s’ensuit qu’il y a trois unions égales entre personnes de dimensions
correspondantes, et six unions inégales, quand les dimensions ne correspondent pas ; soit neuf en tout, comme on le voit dans le tableau suivants.




2. Égales


Lièvre, Taureau,  Cheval, Biche, Jument,  Éléphant.


3. Inégales



Lièvre, Taureau, Taureau, Cheval, Cheval, Jument, Éléphant, Biche, Éléphant, Biche, Jument.


Dans ces unions inégales, lorsque l’homme surpasse la femme en dimensions, son union avec la femme qui, sous ce rapport, vient immédiatement après lui, s’appelle haute union, et elle est de deux sortes ; tandis que son union avec la femme la plus éloignée de lui pour les dimensions s’appelle très haute union, et n’est que d’une sorte.

Par contre, lorsque la femme surpasse l’homme en dimensions, son union avec l’homme qui vient immédiatement après elle s’appelle Basse union, et elle est de deux sortes ; tandis que son union avec l’homme le plus éloigné d’elle s’appelle très basse union, et n’est que d’une sorte.

En d’autres termes, le cheval et la jument, le taureau et la biche, forment la haute union, tandis que le cheval et la biche forment la très haute union. 

Du côté des femmes, l’éléphant et le taureau, la jument et le lièvre, forment la basse union, tandis que l’éléphant et le lièvre forment la très basse union.
Il y a donc neuf sortes d’unions suivant les dimensions. 
De ces unions, les égales sont les meilleures ; celles d’un degré superlatif,
c’est-à-dire les très hautes et les très basses, sont les pires ; les autres sont de moyenne qualité, et parmi celles-ci les hautes sont meilleures que les basses.
Il y a aussi neuf sortes d’unions suivant la force de la passion ou désir charnel, si après


4. Hommes


Petite, Moyenne, Intense


5. Femmes

 


Petite Moyenne Intense Hommes Petite Petite Moyenne Moyenne Intense Intense Femmes Moyenne Intense Petite Intense Petite Moyenne
On dit de quelqu’un que c’est un homme de petite passion lorsque son désir au moment sexuel n’est pas vif, que son sperme est peu abondant, et qu’il ne peut supporter les chaudes étreintes de la femme.
Ceux qui ont un meilleur tempérament sont appelés hommes de passion moyenne ; et ceux qui sont pleins de désir, hommes de passion intense.
De même, les femmes sont supposées avoir les trois degrés de passion, comme il est spécifié plus haut.
Enfin, suivant le temps employé, il y a trois catégories d’hommes et de femmes, savoir : ceux ou celles qui emploient peu de temps, ceux ou celles qui emploient un temps modéré, et ceux ou ce les qui emploient un long temps; et de là résultent, comme dans les combinaisons précédentes, neuf sortes d’unions.

Mais, sur ce dernier point, les opinions diffèrent au sujet de
la femme, et il faut le constater.

Uddalaka dit : « Les femmes n’émettent pas comme les
hommes. 22; Les hommes assouvissent simplement leur désir,
tandis que les femmes, dans leur conscience du prurit, ressentent
une certaine sorte de plaisir qui leur est agréable, mais il leur est impossible de vous dire quelle sorte de plaisir elles ressentent. 
Un fait qui rend ceci évident, c’est que, dans le coït, les hommes s’arrêtent d’eux mêmes après les hautes unions sont réputées meilleures que les basses, car, dans les premières, il est aisé à l’homme de satisfaire sa passion sans faire de mal à la femme, tandis que, dans les secondes, il est
difficile que la femme soit entièrement satisfaite.
L’émission, et sont satisfaits, mais qu’il n’en est pas ainsi pour les femmes.»

Cette opinion, toutefois, se heurte à une objection: 

c’est que si l’homme fait durer l’acte longtemps, la femme l’aime davantage, et que s’il le fait trop vite, elle est mécontente de lui. Et cette circonstance, disent quelques-uns, prouverait que la femme émet aussi.

Mais cette opinion n’est pas fondée ; car s’il faut un long temps pour calmer le désir d’une femme, et que durant ce temps elle ressente un grand plaisir, il est tout à fait naturel qu’elle souhaite de le voir durer. 

Et là-dessus il y a un verset dont voici le texte :

« Par l’union avec les hommes, la lubricité, le désir ou la passion
des femmes sont satisfaits, et le plaisir qu’elles en ressentent
est appelé leur satisfaction. » 

Les disciples de Babhravya, d’un autre côté, disent Que le sperme des femmes continue à tomber du commencement à la fin de l’union sexuelle ; et
cela doit être, car si elles n’avaient pas de sperme, il n’y aurait pas d’embryon.

Ici encore on objecte : 

Au début du coït la passion de la femme est moyenne et elle a peine à soutenir les vigoureuses poussées de son amant ; mais par degrés sa passion
s’accroît jusqu’à ce qu’elle n’ait plus conscience de son corps, et alors enfin elle éprouve le désir de cesser le coït.

Cette objection, toutefois, est sans valeur ; car même dans
les choses ordinaires qui se meuvent avec une grande force,
comme une roue de potier, ou une toupie, la motion, pour commencer,
est lente, mais par degrés devient très rapide.

De même, la passion d’une femme s’étant graduellement accrue, elle éprouve le désir de cesser le coït quand tout son sperme est écoulé. 

Et il y a là-dessus un verset dont voici le texte :

« L’émission du sperme de l’homme a lieu seulement à la fin du coït, tandis que le sperme de la femme s’écoule d’une manière continue ; et quand le sperme de l’un et de l’autre est tout entier écoulé, alors ils éprouvent le désir de cesser le coït.» 

Enfin, Vatsyayana est d’avis que le sperme de la femme s’écoule de la même façon que celui de l’homme.

Maintenant, que qu’un pourra demander ici : 

Si l’homme et la femme sont des êtres de même espèce et concourent tous
deux au même résultat, pourquoi ont-ils chacun des fonctions différentes à remplir ?

Vatsyayana répond qu’il en est ainsi parce que les manières d’opérer, aussi bien que la conscience du plaisir, sont différentes chez l’homme et chez la femme. La différence dans les manières d’opérer, l’homme étant agent et la femme patiente, est due à la nature du mâle et de la femelle : autrement l’agent pourrait être quelquefois le patient, et vice versa. 

Et de cette différence dans les manières d’opérer suit une différence dans
la conscience du plaisir, car l’homme pense :

«Cette femme m’est unie », et la femme pense : « Je suis unie à cet homme.»

On peut observer : 

Si les manières d’opérer sont différentes chez l’homme et chez la femme, pourquoi n’y aurait-il pas une différence dans le plaisir même qu’ils ressentent et qui est le résultat de ces manières d’opérer ?

Mais cette objection est sans fondement : 

car l’agent et le patient étant des personnes de différente sorte, il y a là une raison pour qu’ils opèrent de différentes manières ; mais il n’y a pas de raison pour qu’il y ait une différence quelconque dans le plaisir qu’ils ressentent, parce que ce Plaisir dérive naturellement pour tous deux de l’acte qu’ils accomplissent.

Là dessus encore, quelques uns pourront dire : 

Lorsque différentes personnes sont occupées au même ouvrage, nous
voyons qu’elles concourent au même but ou objet ; tandis qu’au contraire, dans l’union de l’homme et de la femme, chacun deux poursuit son but séparément, ce qui est illogique.

Mais l’observation n’est pas juste ; car nous voyons quelquefois deux choses faites en même temps, comme dans le combat de béliers, où les deux béliers reçoivent, chacun en même temps, le choc sur leur tête. De même, lorsqu’on lance l’une contre l’autre deux boules à jouer, et encore dans un combat ou lutte d’athlètes. 
Si l’on observe que, dans ce cas, les éléments employés sont de même sorte, on répondra que, dans le cas de l’homme et de la femme, la nature des deux personnes est aussi la même. 
Et comme la différence dans leur manière d’opérer provient seulement de leur différence de conformation, il s’ensuit que les hommes éprouvent la même sorte de plaisir que les femmes.

Il y a aussi là-dessus un verset dont voici le texte : 

« Les hommes et les femmes étant de même nature, trouvent la
même sorte de plaisir ; et conséquemment un homme doit épouser une femme qui puisse l’aimer toujours dans la suite. »

Étant prouvé que le plaisir des hommes et des femmes est de même sorte, il s’ensuit que, par rapport au temps, il y a neuf sortes de commerce sexuel, de même qu’il y en a neuf sortes par rapport à la force de la passion.

Et comme il existe ainsi neuf sortes d’unions par rapport aux dimensions, à la force de la passion et au temps, la combinaison de toutes ces sortes en produirait d’innombrables. conséquemment, dans chaque sorte particulière d’union sexuelle, les hommes doivent employer tels moyens qu’ils jugeront convenables pour l’occasion.

La première fois qu’a lieu l’union sexuelle, la Passion de l’homme est intense, et le temps qu’il y met, court ; mais dans les unions subséquentes de la même journée, c’est le contraire qui arrive. Il en est tout autrement de la femme, car, à la première fois, sa passion est faible, et le temps qu’elle y met, long ; mais aux reprises subséquentes de la même journée, sa passion est intense et le temps court, jusqu’à ce qu’elle soit pleinement satisfaite.

Des différente sortes d’amour Les hommes versés dans les humanités sont d’avis qu’il y a quatre sortes d’amour, savoir :

Amour résultant d’une habitude continue.  

L’amour résultant de l’exécution constante et continue de tel ou tel acte est dit
amour acquis par pratique et habitudes constantes : comme,
par exemple, l’amour du commerce sexuel, l’amour de la chasse, l’amour de la boisson, l’amour du jeu, etc. Amour résultant de l’imagination.  L’amour ressenti pour des choses auxquelles on n’est pas habitué, et qui procède entièrement des idées, est dit amour résultant de l’imagination : comme, par
exemple, l’amour que certains hommes, femmes et eunuques éprouvent jour l’Auparishtaka ou congrès buccal, et celui que tout le monde éprouve pour des actes tels que d’embrasser, et baiser, etc. Amour résultant de la foi. L’amour réciproque des deux Parts, et dont la sincérité n’est pas douteuse, quand chacun voit dans l’autre une moitié de soi-même, est dit amour résultant
de la foi par expérience. Amour résultant de la Perception d’objets extérieurs. L’amour résultant de la perception d’objets extérieurs est bien évident et bien connu de tout le monde, car le plaisir qu’il procure est supérieur au plaisir des
autres sortes d’amour, qui n’existent que par lui.

Ce qui est dit dans ce chapitre au sujet de l’union sexuelle est suffisant pour l’homme instruit ; mais pour l’édification de l’ignorant, ce même sujet va être maintenant traité au long et en détail et à leurs femmes. Une foule d’hommes sont dans la plus complète ignorance des sentiments de leur femme, et ne
s’inquiètent nullement si elle est bien ou mal disposée. 

Pour posséder à fond le sujet, il est absolument nécessaire de l’étudier; on saura alors que, comme pour faire du pain il faut préparer la pâte, de même il faut préparer sa femme pour le commerce sexuel, si on veut qu elle en tire satisfaction.