samedi 10 décembre 2016

Chapitre 2 De l’embrassement.

Cette partie des Kama Shastra, qui traite de l’union sexuelle, est aussi appelée « Soixante quatre » Chatushshashti. 


Certains vieux auteurs disent qu’on l’appelle ainsi parce qu’elle contient
soixante-quatre chapitres. Suivant d’autres, l’auteur de cette partie étant un personnage nommé Panchala, et celui qui récitait la partie des Rig Veda dite Dashatapa, qui contient soixante-quatre versets, se nommait aussi Panchala, le nom de « Soixante-quatre » a été donné à cette partie de l’ouvrage en
l’honneur des Iôg Veda. 

D’un autre côté, les disciples de Babhravya disent que cette partie renferme huit sujets, savoir :

l’embrassement, le baiser, l’égratignure avec les ongles ou les doigts, la morsure, le coucher, la production de différents sons, la femme jouant le rôle de l’homme, et l’Auparishtaka, ou congrès buccal. 

Chacun de ces sujets ayant huit divisions, et huit multiplié par huit donnant soixante-quatre, cette partie est en conséquence appelée « Soixante-quatre». 

Mais Vatsyayana affirme que cette partie contenant aussi les sujets suivants, savoir

les coups, les cris, les actes de l’homme durant le congrès, les différentes sortes de congrès, et d’autres encore, c’est par hasard seulement Que ce nom de « Soixante-quatre » lui a été donné. On dit, par exemple : 

cet arbre est « Saptapama », ou à sept feuilles ; cette offrande de riz est « Panchavama », ou de cinq couleurs, quoique l’arbre n’ait pas sept feuilles, ni le riz cinq couleurs.

Quoi qu’il en soit, il est ici traité de cette partie « Soixante quatre », et l’on va s’occuper du premier sujet, l’embrassement.

Or l’embrassement, qui indique l’amour mutuel de l’homme et de la femme réunis, est de quatre sortes, savoir :

L’action, dans chaque cas, est déterminée par le sens du mot
qui la désigne.

Touchant.

Lorsqu’un homme, sous un prétexte ou sous un autre, va au devant ou à côté d’une femme et touche son corps avec le sien, c’est l’embrassement touchant.

Persant.


Lorsqu’une femme, dans un endroit solitaire, se penche comme pour ramasser quelque chose, et perce, pour ainsi dire, un homme assis ou debout, avec ses seins, dont l’homme s’empare aussitôt, c’est l’embrassement persant.
Les deux sortes d’embrassements ci.dessus n’ont lieu qu’entre personnes qui ne se parlent pas encore librement.

Frottant.


Lorsque deux amants se promènent lentement ensemble, dans l’obscurité, dans un lieu fréquenté ou dans un endroit solitaire, et se frottent le corps l’un contre l’autre, c’est l’embrassement frottant.

Pressant.


Lorsque, en pareille occasion, l’un d’eux presse le corps de l’autre avec force contre un mur ou un pilier, c’est l’embrassement pressant.
Ces deux derniers embrassements sont particuliers à ceux qui savent leurs intentions réciproques. 

Au moment de la rencontre, quatre sortes d’embrassementssont usités, savoir :




Jataveshtitaka, ou l’enlacement du reptile.
Lorsqu’une femme, se cramponnant à un homme comme un reptile s’enlace à un arbre, attire sa tête vers la sienne dans l’intention de le baiser, et, faisant entendre un léger son de soûtt soûtt, l’embrasse et le regarde avec amour, cet embrassement s’appelle l’enlacement du reptile.
Vrikshadhirudhaka, ou le grippement à l’arbre.
Lorsqu’une femme, ayant placé un pied sur le Pied de son amant, et l’autre sur une de ses cuisses, passe un de ses bras sur ses reins et l’autre sur ses épaules, chantonne à mi-voix comme si elle roucoulait, et veut, en quelque sorte, grimper sur lui pour avoir un baiser, cet embrassement s’appelle le
grippement à l’arbre.

Ces deux sortes d’embrassements ont lieu lorsque l’amant
est debout.

Tila.


Tandulaka, ou le mélange de graines de sésame et de riz.
Lorsque les amants sont couchés dans un lit, et s’embrassent si étroitement que les bras et les cuisses de l’un sont enlacés par les bras et les cuisses de l’autre, dans une sorte de frottement réciproque, cet embrassement s’appelle le mélange de graines de sésame et de riz.
Kshiraniraka, ou l’embrassement lait et eau.
Lorsqu’un homme et une femme s’aiment violemment, et, sans s’inquiéter de se faire mal, s’embrassent comme s’ils voulaient pénétrer dans le corps l’un de l’autre, que la femme soit assise sur les genoux de l’homme, ou devant lui, ou sur un lit, cet embrassement s’appelle le mélange de lait et d’eau.
Ces deux sortes d’embrassements ont lieu au moment de l’union sexuelle.

Telles sont les huit sortes d’embrassements que nous a relatées Babhravya.

Suvamanabha nous donne, en outre, quatre manières d’embrasser de simples membres du corps, qui sont :


L’embrassement des cuisses.

Lorsque l’un des deux amants Presse avec force une des cuisses de l’autre, ou toutes les deux, contre a sienne ou les siennes propres, cela s’appelle l’embrassement des cuisses.

L’embrassement du jaghana, c’est-à-dire de la partie du corps entre le nombril et les cuisses.
Lorsque l’homme presse le jaghana ou partie médiane du corps de la femme contre le sien, et monte sur elle soit pour l’égratigner avec les ongles ou les doigts, soit pour la mordre, ou la frapper, ou la baiser, la chevelure de la femme étant dénouée et flottante, cela s’appelle l’embrassement du jaghana.
L’embrassement des seins.
Lorsqu’un homme applique sa poitrine contre les seins d’une femme et l’en presse, cela s’appelle l’embrassement des seins.
L’embrassement du front.
Lorsqu’un des amants applique sa bouche, ses yeux et son front sur la bouche, les yeux et le front de l’autre, cela s’appelle l’embrassement du front.
Suivant quelques-uns, le massage aussi est une sorte d’embrassement, parce qu’il implique un contact de deux corps.

Mais Vatsyayana pense que le massage a lieu à un autre moment et dans un but différent, et comme, de plus, il est d’un autre caractère, on ne peut pas dire qu’il soit compris dans les embrassements.

Il y a aussi, là-dessus, quelques versets dont voici le texte :


« Le sujet tout entier de l’embrassement est de telle nature, que les hommes qui s’en enquièrent, ou qui en entendent parler, ou qui en parlent, éprouvent par cela seul un désir de jouissance. 
Certains embrassements non mentionnés dans les Kama Shastra doivent être néanmoins pratiqués au moment de la jouissance sexuelle, s’ils peuvent de façon ou d’autre Procurer un accroissement d’amour. Les règles des Shastra sont applicables aussi longtemps que la passion de l’homme est moyenne ; mais une fois la roue d’amour mise en motion, il n’y a plus ni Shastra ni 
règles. »



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