vendredi 9 décembre 2016

Chapitre 3 Du baiser.



Quelques-uns prétendent qu’il n’y a pas d’ordre ni de temps
fixé pour l’embrassement, le baiser, et la pression ou égratignure
avec les ongles ou les doigts, mais que toutes ces choses
doivent avoir lieu généralement avant l’union sexuelle : tandis
que les coups et l’émission de différents sons accompagnent
généralement cette union. Vatsyayana, quant à lui, pense que
tout est on à un moment quelconque, l’amour n’ayant souci ni
d’ordre ni de temps.

À l’occasion du premier congrès, il faut user modérément du
baiser et des autres pratiques ci-dessus mentionnées, ne pas
les continuer longtemps, et les alterner. Mais, aux reprises suivantes,
c’est le contraire qui est de saison, et la modération
n’est plus nécessaire ; on peut les continuer longtemps et, afin
d’attiser l’amour, les exercer toutes à la fois.

Le baiser portera sur les Parties suivantes : 

le front, les yeux,
les joues, la gorge, la poitrine, les seins, les lèvres et l’intérieur
de la bouche. Les gens du pays de Lat baisent aussi les endroits
suivants : les jointures des cuisses, les bras et le nombril.
Mais Vatsyayana est d’avis que, si ces gens pratiquent ainsi
le baiser par excès d’amour et conformément aux coutumes
de leur province, il n’est pas convenable de tous de les imiter.

Maintenant, lorsqu’il s’agit d’une jeune fille, trois sortes de
baisers sont en usage, savoir :

Le baiser nominal.
Lorsqu’une fille touche seulement la bouche de son amant
avec la sienne, mais sans rien faire elle même, cela s’appelle le
baiser nominal.
Le baiser palpitant.
Lorsqu’une fille, mettant un peu de côté sa pudeur, veut toucher
sa lèvre qui presse sa bouche et, dans ce but, fait mouvoir

sa lèvre inférieure, mais non la supérieure, cela s’appelle le
baiser palpitant.
Le baiser touchant.
Lorsqu’une fille touche la lèvre de son amant avec sa langue,
et fermant les yeux, met ses mains dans celles de son amant,
cela s’appelle le baiser touchant.

D’autres auteurs décrivent quatre sortes de baisers, savoir :

Le baiser droit.
Lorsque les lèvres de deux amants sont directement mises
contact les unes avec les autres, cela s’appelle un baiser droit.
Le baiser penché.
Lorsque les têtes de deux amants sont penchées l’une l’autre
et que, dans cette position, ils se donnent un baiser, s’appelle
un baiser penché.
Le baiser tourné.
Lorsque l’un d’eux fait tourner le visage de l’autre en lui la
tête et le menton, et lui donne alors un baiser, cela s’appelle
baiser tourné.
Le baiser pressé.
Enfin, lorsque la lèvre inférieure est pressée avec force, s’appelle
un baiser pressé.

Il y a aussi une cinquième sorte de baiser, qu’on appelle le
grandement pressé. On le pratique en tenant la lèvre inférieure
deux doigts, puis, après l’avoir touchée avec la langue, on la
très fort avec la lèvre.

En matière de baiser, on peut jouer à qui s’emparera des
lèvres de l’autre. Si la femme perd, elle fera mine de écartera
son amant en battant des mains, lui tournera le dos et cherchera
querelle en disant : 

« Donne-moi la revanche. » Si elle une
seconde fois, elle paraîtra doublement affligée ; et amant sera
distrait ou endormi, elle s’emparera de sa lèvre et la tiendra
entre ses dents, de façon qu’elle ne puisse puis elle éclatera de
rire, fera grand bruit, se moquera de lui, tout autour, et dira ce
qui lui passera par la tête, en remuant sourcils et en roulant
les yeux. 

Tels sont, les jeux et les querelles accompagnent le
baiser, mais on peut les associer aussi à la ou égratignure avec
les ongles et les doigts, à la morsure et à verbération. Toutefois,
ces pratiques ne sont familières qu’aux hommes et aux
femmes de passion intense.

Lorsqu’un homme baise la lèvre supérieure d’une femme, et
celle-ci, en retour, baise la lèvre inférieure de son amant, cela
est le baiser de la lèvre supérieure.

Lorsque l’un d’eux prend entre ses lèvres les deux lèvres de
cela s’appelle un baiser sernant. Mais cette sorte de baiser
n’est par une femme que sur un homme sans moustaches. Et
si, de ce baiser, l’un des amants touche avec sa langue les
dents, et le palais de l’autre, cela s’appelle le combat de la
langue. Il y a de pratiquer, de la même manière, la pression
des dents de l’un la bouche de l’autre.

Le baiser est de quatre sortes, savoir : 

modéré, contracté, et 
doux, suivant les différentes parties du corps car différentes
sortes de baisers sont appropriées du corps.

Lorsqu’une femme regarde le visage de son amant pendant
sommeil, et le baise. Pour montrer son intention ou désir, cela
s’appelle un baiser qui attise l’amour.
Lorsqu’une femme baise son amant pendant qu’il est en affaires,
ou qu’il a querelle, ou qu’il regarde quelque autre
chose, de façon à distraire son esprit, cela s’appelle un baiser
qui distrait.

Lorsqu’un amant, rentré tard la nuit, baise sa maîtresse endormie
sur son lit afin de lui montrer son désir, cela s’appelle
un baiser qui éveille. En pareille occasion, la femme peut faire
semblant de dormir à l’arrivée de son amant, de sorte qu’elle
puisse connaître son intention et obtenir son respect.
Lorsqu’une personne baise l’image de la personne aimée, réfléchie
dans un miroir, dans l’eau, ou sur un mur, cela s’appelle
un baiser qui montre l’intention.

Lorsqu’une personne baise un enfant assis sur ses genoux,
ou une peinture, ou une image, ou une figure, en présence de
la personne aimée, cela s’appelle un baiser transféré.
Lorsque la nuit, au théâtre, ou dans une réunion de caste, un
homme allant au-devant d’une femme baise un doigt de sa
main si elle est debout, ou un orteil de son pied si elle est assise
; ou lorsqu’une femme, en massant le coys de son amant,
met son visage sur sa cuisse, comme si elle vouait dormir, de
manière à enflammer sa passion, et baise sa cuisse ou son gros
orteil, cela s’appelle un baiser démonstratif Il y a aussi, sur ce
sujet, un verset dont voici le texte :

« Toute chose, quelle qu’elle soit, que l’un des amants fait à
l’autre, celui-ci doit la lui rendre ; c’est-à-dire, si la femme
baise l’homme, l’homme doit la baiser en retour ; si elle le
frappe, il doit de même la frapper en retour. »

Bientôt
Chapitre 4
De la pression, ou marque, ou égratignure
avec les ongles.

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